‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 141 sur 323 · LE RETOUR DANS LA PATRIE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DANS LA PATRIE

Air ; Sinn sa: m: ds son viliajS.

Qu'il va lentement le navire A qui j’ai conlié mon sort Au rivage où mon cœur aspire.

Qu'il est lent à trouver uu port !

France adorée !

Douce contrer !

Mes veux cent fois ont cru te découvrir.

Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir.

Mais enfin le matelot cric :

Terre ! terre ! là bas, voyez !

Ah ! tous mes maux sont oubliés.

Salut à ma patrie ! trr.)

Oui, voilà les rives de France;

Oui, voilà le port vaste et sur,

Voisin des champs où mon enfance S'écoula sous un chaume obscur.

France adorée !

Douce contrée !

Après vingt ans enfin je te revois ;

De mon village Je vois la plage.

Je vois fumer la cime de nos toit;.

Combien mon àme est attendrie !

Là furent mes premiers amours;

Là ma mère m'attend toujours.

Salut à ma patrie !

Loin de mou berceau, jeune encore.

L'inconstance emporta mes pas Jusqu'au sein des mers où l’aurore Sourit aux plus ru hes climats.

France adorée !

Douce contrée !

Dieu le (levait leurs fécondes chaleurs. Toute l'année.

Là, hrillc ornée

De Heure, de fruits, et de. fruits et de fleurs Mais là, ma jeunesse flétrie Rêvait à des climats plus chers;

Là, je regrettais nos hivers.

Salut à ma patrie !

J'ai pu me faire une famille,

Et des trésors m'étaient promis.

Sous un ciel où le sang pétille,

A mes vœux l'amour fut soumis.

France adorée !

Douce contrée !

Que de plaisirs quittés pour te revoir !

Mais sans jeunesse,

Mais sans richesse.

Si d’ôtre aimé je dois perdre l’espoir.

De mes amours dans la prairie T.es souvenirs seront présents ;

C'est du soleil pour mes vieux ans.

Salut à ma patrie !

Poussé chez des peuples sauvages Oui m'offraient de régner sur eux,

J'ai su défendre leurs rivages Contre des ennemis nombreux.

France adorée !

Douce contrée !

Tes champs alors gémissaient envahis.

Puissance et gloire,

Cris de victoire.

Rien n'étouffa la voix de mon pays.

De tout quitter mon cœur me prie :

Je reviens pauvre, mais constant.

Une bêche est là qui m'attend.

Salut à ma patrie !

Au bruit des transports d'allégresse, Enfin le navire entre au port.

Dans cette barque où l’on se presse, Hàtons-nous d'atteindre le bord.

France adorée !

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Douce contrée !

Puissent tes fils te revoir ainsi tous !

K n fin j'arrive.

Et sur la rive,

Je rends au ciel, je rends grâce à genoux.

Je t’embrasse, ô terre chérie !

Dieu ! qu'un exilé doit souffrir !

Moi, désormais je puis mourir.

Salut à ma patrie !

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