‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 143 sur 323 · LA COURONNE · texte numérisé non relu

LA COURONNE

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Grâce à la fève, je suis roi.

Nous le voulons : versez à boire !

Çà, mes sujets, couronncz-moi !

Et qu'on porte envie à ma gloire ;

A l'espoir du rang le plus beau Point de cœur qui ne s'abandonne.

Nul u'est content de son chapeau ; Chacun voudrait une couronue.

lin roi sur son front obscurci Porte une couronne éclatante.

Le pâtre a sa couronne aussi, Couroune de lleurs qui me tente.

A l'un le ciel la fait payer ;

Mais au berger l'amour la donne :

Le roi l’ôte pour sommeiller,

Colin dort avec sa couronne.

Le Français, poète et guerrier,

Sert les Muses et la Victoire.

Le front ceint d'un double laurier,

Il triomphe et chante sa gloire.

Quand du rang qu'il doit occuper Il tombe, trahi par Bellone,

Le sceptre lui peut échapper,

Mais il conserve sa couronne.

Belles, vous portez à quinze ans La couronne de l'innocence ;

Bientôt viennent les courtisans ;

Comme les rois on vous encense.

Comme eux de pièges séducteurs L'artifice vous environne ;

Vous n'écoutez que vos flatteurs,

Et vous perdez votre couronne.

Perdre uue couronne ! A ces mots Chacun doit penser à la sienne.

Je n’ai point doublé les impôts ;

Je n'ai point de noblesse ancienne.

Mon peuple, buvons de concert :

La place me parait si bonne !

N'allez pas avant le dessert Me faire abdiquer ma couronne.

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