‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 151 sur 323 · ROSETTE · texte numérisé non relu

ROSETTE

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Sans respect pour votre printemps.

Quoi ! vous me parles de tendresse, Quand sous le poids de quarante ans Je vois succomber ma jeunesse !

Je n’eus besoin pour m’enflammer Jadis que d’une humble grisette.

Ab ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette !

Votre équipage, tous les jours.

Vous montre en parure brillante.

Rosette, sous de frais atours.

Courait à pied, leste et riante.

Partout ses yeux, pour m’alarmer, Provoquaient l’œillade indiscrète.

Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette 1

Dans le satin de ce boudoir.

Vous souriez à mille glaces.

Rosette n’avait qu’un miroir;

Je le croyais celui des Grâces.

Point de rideaux pour s'enfermer ; L’aurore égayait sa couchette.

Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j ’aimais Rosette !

Votre esprit, qui brille éclairé, Inspirerait plus d’une lyre.

Sans honte je vous l’avoùrai :

Rosette à peine savait lire.

Ne pouvait-elle s’exprimer,

L’amour lui servait d’interprète.

Ah ! que ne puis- je vous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette!

Elle avait moins d’attraits que vous; Même elle avait un cœur moins tendre : Oui, ses yeux se tournaient moins doux Vers l'amant, heureux de l'entendre.

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Mais elle avait, pour rae charmer,

Ma jeunesse que je regrette.

Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette !

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