‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 153 sur 323 · LES ENFANTS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DE LA FRANCE

Reine du monde, û France ! ô ma patrie!

Soulève enfin ton front cicatrisé.

Sans qu'à tes yeux leur gloire en soit flétrie,

De tes enfants l'étendard s'est brisé. (bis.) Quand la fortune outrageait leur vaillance. Quand de tes mains tombait ton sceptre d or, Tes ennemis disaieut encor :

Honneur aux enfants de la France ! (bis.)

De tes graudeurs tu sus te faire absoudre, France, et ton nom triomphe des revers.

Tu peux tomber, mais c’est comme la foudre Qui se relève et gronde au haut des airs.

Le Rhin aux bords ravis à ta puissance Porte à regret le tribut de ses eaux ;

Il crie au fond de ses roseaux :

Honneur aux enfants de la France !

Pour effacer des coursiers du lîarbare Les pas empreints dans tes champs profanés. Jamais le ciel te fut-il moins avare ?

D'épis nombreux vois ces champs couronnés. D'un vol fameux prompts à venger l'offense * Vois les beaux-arts, consolant leurs autels,

Y graver en traits immortels :

Honneur aux enfants de la France !

Prête l’oreille aux accents de l'histoire :

Quel peuple ancien devant toi n'a tremblé? Quel nouveau peuple, envieux de ta gloire,

>e fut cent fois de ta gloire accablé ?

En vain l'Anglais a mis dans la balance L’or que pour vaincre ont mendié les rois :

Des siècles entends-tu la voix ?

Honneur aux enfants de la France !

Dieu, qui punit le tyran et l'esclave,

Veut te voir libre, et libre pour toujours.

* l.'i spoliation du Musve.

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Que tes plaisirs ne soieut plus une entrave : La Liberté doit sourire aux amours.

Prends son flambeau, laisse dormir sa lance : Instruis le monde, et cent peuples divers Chanteront eu brisant leurs fers :

Honneur aux enfants de la France !

Relève-toi, France, reine du monde !

Tu vas cueillir tes lauriers les plus beaux. Oui, d’dge en lige une palme féconde Doit de tes lils protéger les tombeaux.

Que près du mien, telle est mon espérance, Pour la patrie, admirant mon amour,

Le voyageur répète un jour :

Honneur aux enfants de la France !

LES M1RMIDONS,

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