‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 155 sur 323 · LES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LES ROSSIGNOLS

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La nuit a ralenti le» heures;

Le sommeil s’étend sur Paris.

Charmez l’écho de nos demeures ; Éveillez-vous, oiseaux chéris.

Dans ces instants où le cœur pense,

Heureux qui peut rentrer en soi !

De la nuit j'aime le silence :

Doux rosignols, chantez pour moi. bit.)

Doux chantres de l’amour fidèle,

De Phryné fuyez le séjour :

Phryné rend chaque nuit nouvelle Complice d'un nouvel amour.

• En vain des baisers sans ivresse Ont scellé des serments sans foi ;

•le crois encore à la tendresse :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Pour vous il n’est point de Zoïle :

Mais croyez-vous, par vos accords,

Toucher l’avare au cœur stérile,

Qui compte à présent ses trésors?

Quand la nuit, favorable aux ruses,

Pour son or le remplit d’effroi,

Ma pauvreté sourit aux Muses :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Vous qui redoutez l’esclavage.

Ah ! refusez vos tendres airs A ces nobles qui, d'àge en âge.

Pour en donner portent des fers.

Tandis qu’ils veillent en silence,

Debout, auprès du lit d'un roi,

C'est la liberté que j'encense :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Mais votre voix devient plus vive :

Non, vous n'aimez pas les méchants.

Du printemps le parfum m'arrive Avec la douceur de vos chants.

F .a nature, plus belle encore,

Dans mon cœur va graver sa loi.

J'attends le réveil de l'aurore :

Doux rossignols, chantez pour moi.

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