‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 175 sur 323 · LE CINQ MAL · texte numérisé non relu

LE CINQ MAL

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Air : M'.se à:s bois et des araris tuittèlra

Des Espagnols m ont pris sur leur navire ", Aux bords lointains où tristement j’errais. Humble débris d’un héroïque empire ,

J'avais dans l'Inde exilé mes regrets.

Mais loin du Cap , après cinq ans d'absence. Sous le soleil je vogue plus joyeux.

Pauvre soldat, je reverrai la France:

La main d'un fils me fermera les yeux.

Dieux ! le pilote a crié : Sainte-Hélène!

Et voilà donc où languit le héros !

Itons Espagnols, là s' éteint votre haine; Nous maudissons ses fers et ses bourreaux. Je ne puis rien , rien pour sa délivrance :

Le temps n'est plus des trépas glorieux ! Pauvre soldat , je reverrai la France ;

La main d'un fils me fermera les yeu.x

Peut-être il dort ce boulet invincible Qui fracassa vingt trônes à la fois.

Ne peut-il pas, se relevant terrible.

Aller mourir sur la tète des rois?

Ah ! ce rocher repousse l'espérance :

L'aigle n'est plus dans le secret des dieux. Pauvre soldat, je reverrai la France :

La main d'un fils me fermera les yeux.

Il fatiguait la Victoire à le suivre:

Elle était lasse ; il ne l’attendit pas.

Trahi deux fois, ce grand homme a su vivre. Mais quels serpents enveloppent ses pas !

De tout laurier un poison est. l’esseuce*";

* Des peuples de l'Europe, les Espagnols étaient ceux qui avaient les plus juste* plainte* « former contre Napoléon. En plaçant son soldat sur un vaisseau de cette nation, l'auteur eut la pensée de faire voir à quel point les malheur* du grand homme avaient réconcilie tous les peuples avec sa gloire.

••On extrait de plusieurs espèce* de lauriers on poison de* plus actifs.

Il est nécessaire de rappeler aussi qu'à la mort de Napolron, Iteaucnup de personne*, même fort (flairée*, crurent q.M avait péri ein|>oi'onné.

La mort couronne uu front victorieux.

Pauvre soldat, je reverrai la France :

La main d'un fils me fermera les yeux.

Dès qu'on signale une nef vagabonde ,

■ Serait-ce lui? disent les potentats :

« Vient-il encor redemander le monde?

• Armons soudain deux raillions de soldats. •

Et lui, peut-être accablé de souffrance,

A la patrie adresse ses adieux.

Pauvre soldat, je reverrai la France :

La main d'un fils me fermera les yeux.

Grand de génie et grand de caractère ,

Pourquoi du sceptre arma-t-il son orgueil?

Bien au-dessus des trônes de la terre Il apparaît brillant sur cet écueil.

Sa gloire est là comme le phare immense D’un nouveau monde et d'un monde trop vieux. Pauvre soldat, je reverrai la France:

La main d'un fds me fermera les yeux.

Bons Espagnols, que voit-on au rivage?

l'n drapeau noir! ah! grauds dieux, je frémis ! Quoi! lui mourir! ô gloire! quel veuvage! Autour de moi pleurent ses ennemis.

Loin de ce roc nous fuyons eu silence ;

L’astre du jour abandonne les deux.

Pauvre soldat , je reverrai la France :

La main d'un lils me fermera les yeux.

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