‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 228 sur 323 · LE POETE DE COUR · texte numérisé non relu

LE POETE DE COUR

COUPLETS POUR LA PÈTE PE MARIE •••. - uni.

Air 4e la Mit ds simàià.

On achète Lyre et musette;

Comme tant d'autres, à mon tour,

Je me fais poëte de cour. {bis.)

Te chanter encore, ô Marie !

Non, vraiment, je ne l'ose pas.

Ma Muse enfin s'est aguerrie.

Et vers la cour tourne ses pas. {bis.) Je gage, s'il nait un Voltaire,

Qu'on emprunte pour l'acheter.

Prêt à me vendre au ministère.

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette;

Comme tant d'autres, à mon tour,

Je me fais poëte de cour.

Ce que je dirais pour te plaire Ferait rire ailleurs de pitié :

L'amour est notre moindre affaire.

Les grands ont banni l’amitié.

On siffle le patriotisme;

Ce qu'on sait le mieux, c’est compter : J'adresse une ode à l'égoïsme.

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ;

Comme tant d’autres, à mon tour.

Je nie fais poëte de cour.

Je crains que ta voix ne m’inspire L'éloge des Grecs valeureux,

Contre qui l'Europe conspire Pour ne plus rougir devant eux.

En vain ton ùme généreuse De leurs maux se laisse attrister ;

Moi je chante l'Espagne heureuse.

Pour toi je ne puis plus chanter.

, On achète

Lyre et musette;

Comme tant d'autres, à mon tpur,1 Je me fais poëte de cour.

Dans mes calculs, Dieu ! quel déboire Si de ton héros je parlais '. •

Il nous a légué tant de gloire,

Qu'on egt embarrassé du legs.

Lorsque ta main pare son buste De lauriers qu'on doit respecter, J'encense une persounc auguste.

Pour toi je ne puis plus chanter,

On achète Lyre et musette;

Comme tant d'autres, à mon tour,

Je me fais poète de cour.

Pourquoi douter, chère Marie,

Que ton ami change à ce point?

Liberté, gloire, honneur, patrie,

Sont des mots qu'on n'escompte point.

Des chants pour toi sont la satire Des grands que j'apprends à flatter.

Non, quoi que mon cœur veuille dire, Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ;

Comme tant d'autres, à mon tour,

Je me fais poète de cour.

COUPLET

■CIUT lUl DR RBCU1IL DS CHANSONS MANUSCRITHS DR 11

Air de U République.

Si j'étais roi, roi de la chansonnette,

Comme en secret me l'a dit maint flatteur, Votre recueil à ma Muse inquiète Dénoncerait un jeune usurpateur.

Car les conseils qu'en si bons vers il donne An pauvre peuple, objet de tant d'effroi, Feraient trembler mon sceptre et ma couronne. Si j'étais roi. {bit.)

Page 1