‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 241 sur 323 · LES PAUVRES AMOURS · texte numérisé non relu

LES PAUVRES AMOURS

Air : Jupiter tu jtut tu foreur.

Trois douzaines de Cupidons,

Qu'une actrice a mis sur la paille, Hier mendiaient, et la marmaille Les poursuivait de gais lardons.

Chez Lise ils frappent d’un air triste ; Lise répond : Nous sommes sourds.

Quoi ! vivrez-vous donc toujours, Vieux petits culs nus d’Amours?

Allez, Dieu vous assiste ! {bis.)

■ Partout en France on vous fourra.

Vous avez guindé la sculpture,

Vous avez fardé la peinture,

Vous affadissez l’Opéra.

Des Anacréous j'ai la liste;

Ils encombrent ville et faubourgs.

Vous les couronnez toujours,

Vieux petits culs nus d’Amours; Allez, Dieu vous assiste !

Quittez votre Olympe eu débris.

Que Mars, Phébus, Bacchus, Minerve Voguent avec vous de conserve;

2 33 y'Ü.33 üa-üïfas.

A Gnide remmenez Cjpris.

Les Grâces suivront à la piste,

Phébé guidera votre cours.

Émigrez, mais pour toujours,

Vieux petits culs uns d’ Amours ; Allez, Dieu vous assiste!

Emballez avec tous vos dieux Flore et l'Aurore aux doigts de roses; Par leur nom appelons les choses,

Les choses n'en plairont que mieux.

Mon cœur à l'amant qui persiste Se rend bien sans votre secours.

Sans vous j’aimerai toujours,

Vieux petits culs nus d' Amours; Allez, Dieu vous assiste!

En leur fermant la porte au nez,

Parlait ainsi la tendre Lise,

Quand près d'eux passe uu marquise Dont à peine ils sont les aînés.

La dame, quoique moraliste,

Leur dit : Rendez-moi mes beaux jours.

Dans ma chambre et pour toujours, Chers petits culs nus d'Araours*, Venez; Dieu vous assiste!

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