‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 244 sur 323 · LE CONVOI DE DAVID · texte numérisé non relu

LE CONVOI DE DAVID

Air de Boisai.

Non, non, vous ne passerez pas,

Crie un soldat sur la frontière,

A ceux qui de David, hélas!

Rapportaient chez nous la poussière, — Soldat, disent-ils dans leur deuil, Proscrit-on aussi sa mémoire ?

Quoi ! vous repoussez son cercueil.

* Allusion a la fameuse loi du lacrilëge, loi barbare dont 1a révolution de Juillet nous a délivré*.

•• Les enfants do ce grand peintre, ayant sollicité en vain l'autorisation de rapporter sa dépouille en Franco , ont été obliges de le faire inhumer dans une église de Brui elles, après en avoir obtenu la permission du ro des Pa\ s-Bas.

Et vous héritez de sa gloire I

CHOF.Cn.

Fût-il privé de tous les biens,

Eût-il a trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés (éiijqui l'ont vu naitre! (bit.)

Non, non, vous ne passerez pas,

Dit le soldat avec furie.

— Soldat, ses yeux jusqu'au trépas Se sont tournés vers la patrie.

11 en soutenait la splendeur Du fond d'un exil qui l’honore ;

C’est par lui que notre grandeur Sur la toile respire encore.

choeur.

Fût-il privé de tous les biens,

Eût-il à trembler sous un maître.

Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l'ont vu naitre !

Non, non, vous ne passerez pas,

Redit plus bas la sentinelle.

— Le peintre de Lconidas Dans la liberté n'a vu qu'elle.

On lui dut le noble appareil *

Des jours de joie et d'espérance,

Où les beaux-arts à leur réveil Fêtaient le réveil de la France.

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens,

Eût-il à trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l’ont vu naître!

Non, non, vous ne passerez pas,

Dit le soldat ; c est ma consigne.

— Du plus grand de tous les soldats

On «Il que David rut l’ordonnât, ur des cérémonie. pul.liqura qui O nh‘ h" ^ 14 révolution. Il Oui ajouter qu’il IWtoVfraw^ii!!!""”** "" ** tnml’e,,"'rit '«P'Imé aux arts par la révo-

Comme loua la. réformateur., David a dû no,i,«.r i rcraedrailon df. principes avec lesquels il cmnlwtilt Iccole de Vanloo cl d s Bat elier- ■nais, inalerp celle eiajiersllun, Il restera p„, m„|„, u, f de nos plus grandes gloires d ins les iris.

Il fat le peintre le plus digne.

A l'aspect de l’aigle si fier, piciu d'Homère et l'àme exaltée, David crut peindre Jupiler.

Hélas! il peignait Prométhée.

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens,

Eût-il à trembler sous un maître, Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !

Non, non, vous ne passerez pas,

Dit le soldat devenu triste.

— Le héros après cent combats Succombe, et l'on proscrit l’artiste.

Cbex l'étranger la mort l'atteint :

Qu’il dut trouver sa coupe amère!

Aux cendres d’un génie éteint, France, tends les bras d une mère.

CHOEUR

Fût-il privé de tous les biens,

Eût- il a trembler sous un maître.

Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l'ont vu naitre

Non, non, vous ne passerez pas,

Dit la sentinelle attendrie.

— Eh bien! retournons sur nos pas.

Adieu, terre qu’il a chérie !

Les arts ont perdu le flambeau Qui fit pâlir l'éclat de Rome.

Allons mendier un tombeau Pour les restes de ce grand homme.

CHOEUR

Fut-il privé de tous les biens,

Eût-il à trembler sous un maitre.

Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l’ont vu naître

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