LE CONVOI DE DAVID
Air de Boisai.
Non, non, vous ne passerez pas,
Crie un soldat sur la frontière,
A ceux qui de David, hélas!
Rapportaient chez nous la poussière, — Soldat, disent-ils dans leur deuil, Proscrit-on aussi sa mémoire ?
Quoi ! vous repoussez son cercueil.
* Allusion a la fameuse loi du lacrilëge, loi barbare dont 1a révolution de Juillet nous a délivré*.
•• Les enfants do ce grand peintre, ayant sollicité en vain l'autorisation de rapporter sa dépouille en Franco , ont été obliges de le faire inhumer dans une église de Brui elles, après en avoir obtenu la permission du ro des Pa\ s-Bas.
Et vous héritez de sa gloire I
CHOF.Cn.
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il a trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés (éiijqui l'ont vu naitre! (bit.)
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit le soldat avec furie.
— Soldat, ses yeux jusqu'au trépas Se sont tournés vers la patrie.
11 en soutenait la splendeur Du fond d'un exil qui l’honore ;
C’est par lui que notre grandeur Sur la toile respire encore.
choeur.
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître.
Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l'ont vu naitre !
Non, non, vous ne passerez pas,
Redit plus bas la sentinelle.
— Le peintre de Lconidas Dans la liberté n'a vu qu'elle.
On lui dut le noble appareil *
Des jours de joie et d'espérance,
Où les beaux-arts à leur réveil Fêtaient le réveil de la France.
CHOEUR
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l’ont vu naître!
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit le soldat ; c est ma consigne.
— Du plus grand de tous les soldats
On «Il que David rut l’ordonnât, ur des cérémonie. pul.liqura qui O nh‘ h" ^ 14 révolution. Il Oui ajouter qu’il IWtoVfraw^ii!!!""”** "" ** tnml’e,,"'rit '«P'Imé aux arts par la révo-
Comme loua la. réformateur., David a dû no,i,«.r i rcraedrailon df. principes avec lesquels il cmnlwtilt Iccole de Vanloo cl d s Bat elier- ■nais, inalerp celle eiajiersllun, Il restera p„, m„|„, u, f de nos plus grandes gloires d ins les iris.
Il fat le peintre le plus digne.
A l'aspect de l’aigle si fier, piciu d'Homère et l'àme exaltée, David crut peindre Jupiler.
Hélas! il peignait Prométhée.
CHOEUR
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître, Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit le soldat devenu triste.
— Le héros après cent combats Succombe, et l'on proscrit l’artiste.
Cbex l'étranger la mort l'atteint :
Qu’il dut trouver sa coupe amère!
Aux cendres d’un génie éteint, France, tends les bras d une mère.
CHOEUR
Fût-il privé de tous les biens,
Eût- il a trembler sous un maître.
Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l'ont vu naitre
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit la sentinelle attendrie.
— Eh bien! retournons sur nos pas.
Adieu, terre qu’il a chérie !
Les arts ont perdu le flambeau Qui fit pâlir l'éclat de Rome.
Allons mendier un tombeau Pour les restes de ce grand homme.
CHOEUR
Fut-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maitre.
Heureux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés qui l’ont vu naître
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