‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 255 sur 323 · ENCORE DES AMOURS · texte numérisé non relu

ENCORE DES AMOURS

Je me disais : Tous les dieux du bel Age M'ont délaissé ; me voilà seul et vieux.

Adieu l'espoir que leur tronpe volage M'avait, donné de me fermer les yeux !

Je le disais iorqu'une enchanteresse Vient, et d'un mot ravit mes sens troublés.

Ah ! c'est encor quelque beauté traîtresse :

Tous les Amours ne sont pas envolés.

Oui, c'est encor quelque sujet de peine ;

Mais du repos je suis si fatigué !

Lorsqu'à trente ans je pliais sous ma chaine,

Plus malheureux, pourtant j’étais plus gai.

Le ciel m'envoie une reine nouvelle ;

Combien d'attraits les siens m'ont rappelés !

Rose d'automne, effeuillez-vous pour elle :

Tous les amours 11e sont pas envolés.

Mes yeux encore ont des pleurs à répandre ;

Ma voix encore a des chants amoureux :

Aimons, chantons. La beauté vient m'apprendre A triompher des hivers rigoureux.

Tout me sourit : les fleurs brillent plus belles, Les jours plus purs, les cieux plus étoilés.

Dans l'air plus doux j'entends battre des ailes. Tous les Amours ne sont pas envolés.

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