‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 258 sur 323 · LE PAPE MUSULMAN · texte numérisé non relu

LE PAPE MUSULMAN

Air : Bb ! na mire, tf.-c' qu: j‘ sais ça?

Jadis voyageant pour Rome,

Un pape, né sous le froc,

Pris sur mer, fut, le pauvre homme, Mené captif à Maroc.

D’abord il tempête, il sacre,

Reniant Dieu bel et bien.

— Saint-Père, lui dit son diacre, Vous vous damnez comme un chien.

Sur un pa! que l’on aiguise Croyant déjà qu'on le met.

Le fondement de l’église Dit : Invoquons Mahomet.

Ce prophète eu vaut bien d’autres ; Je me fais son paroissien.

— Saint-Père, au nez des apôtres Vous vous damnez comme un chien.

Aye! aye! on le circoncise.

Le voilà hou musulman.

Sinon parfois qu'il se grise Avec un coqum d’iman.

Il fait de sa vieille Bible Un usage peu chrétien.

— Saint-Père, c'est trop risible ; Vous vous damnez comme un chien.

En vrai corsaire il s’équipe,

Pour le Croissant il combat,

Prend lé sorbet et la pipe ;

Dans un harem il s'ébat .

Près des femmes qu’il capture, Voyez donc ce grand vaurien !

— Saint-Pcre, quelle posture !

Vous vous damnez comme un chien.

A Maroc survient la peste ;

Soudain fuit notre forban,

Qui dans Home, d’un air leste, Rentre avec son beau turban.

— Souffrez qu’on vous rebaptise — Mon, dit-il, ça n’y fait rien.

— Saint-Père, quelle bêtise '

Vous vous damnez comme un chien.

Depuis, frondant nos mystères.

Ce renégat enragé Veut vider les monastères,

Veut marier le clergé.

Sous lui l’église déchue Ne brille juif ni païen.

— Saint-Père, Home est fichue;

Vous vous dauiucz comme un chien.

«wmiunniwwwiimmmmmmnnumnmum»

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