‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 283 sur 323 · LAIDEUR ET BEAUTÉ · texte numérisé non relu

LAIDEUR ET BEAUTÉ

tir : C iil 1 au Délit a l'ut ci pair».

Sa trop grande beauté m'obsède;

C'est un masque aisément trompeur.

Oui, je voudrais qu elle fût laide,

Mais laide, laide à faire peur.

Relie ainsi, faut-il que je l'aime!

Dieu, reprends ce don éclatant;

Je le demande à l'enfer même :

Qu elle soit laide et que je l'aime autant.

A ces mots m'apparait le diable ;

C’est le père de la laideur :

■ Rendons-la, dit-il, effroyable,

■ De tes rivaux trompons l'ardeur :

« J'aime assez ces métamorphoses.

« Ta belle ici vient en chantant;

■ Perles, tombez; fanez-vous, roses.

* La voilà laide et tu l'aimes autant. »

Laide! moi! dit-elle étonnée;

Elle s’approche d'un miroir,

Doute d’abord, puis, consternée.

Tombe en un morne désespoir.

« Pour moi seul tu jurais de vivre,

« Lui dis-je, à ses pieds me jetant :

• A mon seul amour il te livre.

• Plus laide encor, je t'aimerais autant. •

Ses yeux éteints fondent en larmes,

Alors sa douleur m'attendrit:

Ah ! rendez , rendez-lui ses charmes.

Soit, répond Satan qui sourit.

Aiusi que liait la fraîche aurore,

Sa beauté renaît à l'instant.

Elle est, je crois, plus belle encore;

Elle est plus belle, et moi je l'aime autant.

Vite, au miroir elle s'assure Qu'on lui rend bien tous ses appas ;

Des pleurs restent sur sa figure Qu elle essuie en grondant tout bas.

Satan s'envole, et la cruelle Fuit et s'écrie en me quittant :

Jamais fille que Dieu iit belle Ne doit aimer qui peut l'aimer autant.

mmimmimmïmammmmammwiimnmmm »

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