‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 287 sur 323 · L’ALCHIMISTE · texte numérisé non relu

L’ALCHIMISTE

Air de la toi Vieille, m d'Aiittippi

Tu vas, dis-tu, vieux et pauvre alchimiste,

Tirer de l’or des métaux indigents,

Et faisant plus pour moi que l’àge attriste,

Me rajeunir par de secrets agents.

J ouvre ma bourse à ta science occulte.

Mon cœur crédule au grand œuvre a recours. Chacun pourtant conservera son culte.

Tout 1 or pour toi, mais rends-moi mes beaux jours.

Sur ce brasier souffTe donc en silence,

Ou d'un vieux livre interroge les mots**.

Ton art est sûr; le Pactole et Jouvence Dans ce creuset vont marier leurs flots-.

• Il se f.iul pat croire que colle opère de charlotènj ou de f„»« ait entièrement disparu de la France. CCI I on doux qui m'a donne I idée do celte chanson. Il faut convenir qoo celui-là avait l'air d'une profonde conviction. v

•• L’Ilerme* des anciens Égyptien* passait dans l’anllquilé pour avoir découvert tous les secut* de la Rature et tes avoir transmis aux prêtres de son pays. La transmutation des métaux lui était attribuée, de là le nom e science hermilique. Les prétendus livres qui portent son nom sont, diton, I ouvrage des (irers du Bas-Empire. Ils sont encore la régie «les alchimistes ei souffleurs, gens qui cherchent higrand œuvre ou la pierre philosophai, secret qui donne à la fols «Je» trésors à volonté et la prolongation indehnie de la vie humaine. Nicolas Flamelj qui cul ta réputation «hex no* aïeux d’avoir d*ecouverl la pierre philosophale, passait pour être devenu immortel , si je ae sais quel ancien voyageur raconte l'avoir rencontre en Asie deux ou Uois siècles après IVpoque où il vécut.

L'œil sur ce feu, que tu rêvés de choses !

Vois-tu déjà le sourire des cours?

Moi, pour mon front je n'attends que des roses, i Tout l’or pourtoi, mais rends-moi mes beaux jours.

Ivre d'espoir, quel délire t’égare !

« O rois, dis-tu, baisez mes pieds poudreux.

• J’aurai plus d’or que Cortez et Pizarre

- N'en ont conquis pour d'autres que pour eux. » Naguère encor, toi qui vivais d'aumônes,

Déjà l’orgueil rugit dans tes discours. .

Achète au poids et sceptres et couronnes.

Tout l’orpourtoi, mais rends-moi mes beaux jours.

Oui, rends-moi-les avec leur indigence ;

Ponds à mon àmc un corps plus vigoureux ;

A mon esprit ôte l’expérience;

Souffle en mon cœur un sang plus généreux. Puis t'échappant de ton palais de marbre,

En char pompeux bercé sur lé velours,

Vois-moi dormir, heureux au pied d'un arbre. Tontl’or pourtoi, mais rends- moi mes beaux jours.

Je sais pourtant ce que vaut la. richesse ;

Mais j’aime encor; je possède, et, cent fois,

J’ai craint de voir ma trop jeune maîtresse Compter mes ans et les siens par ses doigts. C’est du soleil qui sied à sa peau brune ;

C’est de l’été qu’il faut à nos amours.

Celle que j'aime est sourde à la fortune.

Toutl’or pourtoi, mais rends-moi mes beauxjours.

Mais au creuset ta main que trouve-t-elle ?

Rien ! te voilà plus pauvre et moi plus vieux.

• Non, non, dis-tu ; demain, lune nouvelle;

• Recommençons ; demain nous serons dieux. ■ Tu méns, vieillard; mais d'erreurs caressantes J’ai tant besoin, que je te crois toujours.

Sur mon front nu vois ces rides naissantes.

Tout l’or pour toi , mais rends-moi mes beauxjours.

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iwitim

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