‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 306 sur 323 · LA RESTAURATION DE LA CHANSON · texte numérisé non relu

LA RESTAURATION DE LA CHANSON

JANVIER MSI.

Air : J'arrm à p,sd It promet.

Oui, chanson, Muse ma fille,

J’ai déclaré uet Qu'avec Charle et sa famille On te détrônait *.

Mais chaque loi qu'on nous donne Te rappelle ici.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Je crovais qu’on allait faire Du grand et du neuf;

Même étendre un peu la sphère De Quatre- vingt-neuf.

Mais point! on rabadigeoune

* A la fin de juillet 1830, j'avais dit : On vient de détrôner Charles X «t la chanson. Ce mot fut répété a la tribune par je ne sala quel député de «entre.

Un trône noirci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Depuis les jours de décembre * Vois, pour se grandir,

La Chambre vanter la Chambre ;

La Chambre applaudir.

A se prouver qu'elle est bonne Lite a réussi.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Basse-cour des ministères,

Qu’en Fi ance on honnit,

Nos chapons héréditaires Sauveront leur nid **.

Les petits que Dieu leur donne Y pondront aussi.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Gloire à la garde civique,

Piédestal des lois !

Qui maintient la paix publique Peut venger nos droits.

Là haut, quelqu'un, je soupçonne, En a du souci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

La planète doctrinaire,

Qui sur Gand brillait,

Veut servir de luminaire Aux gens de juillet.

Fi d un froid soleil d’automne,

De brume obscurci !

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Nos ministres, qu’on peut mettre Tous au même point, Voudraient que le baromètre Ne variât point.

* Le jusemt ni de. imnlilrc.de Charles X. La Chambre alori ne voulait point entendre parler de la dl.iolullon.

*• On craignait encore que l'hérédité de la pairie ne fût conaervce.

Pour peu que là-bas il tonue,

On se signe ici.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Pour être en état de grâce,

Que de grands peureux Ont soin de laisser en place Les hommes véreux !

Si l'on ne touche à personne,

C'est afin que si

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Te voilà donc restaurée,

Chanson mes amours.

Tricolore et sans livrée Montre-toi toujours.

Ne crains plus qu'on t’emprisonne.

Du moins à Poissy.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Mais pourtant laisse en jachère Mon sol fatigué.

Mes jeunes rivaux, ma chère,

Ont un ciel si gai !

Chez eux la rose foisonne,

Chez moi le souci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

uni»

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