‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 315 sur 323 · JEAN DE PARIS · texte numérisé non relu

JEAN DE PARIS

Air : CslU chaumière là vaut oc palait.

Ris et cbanle, chante et ris ;

Prends tes gants et cours le moude; Mais, la bouree vide ou ronde,

Reviens dans ton Paris;

Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris, (bit.)

Toujours, dit la chronique ancienne,

Jean sur son grand sabre a sauté,

Quand de leur ville avec la sienne Des sots comparaient la beauté :

Proclamant sur sou ûine.

En prose ainsi qu en vers.

Les tours de Notre-Dame,

Centre de l'univers.

Ris et chante, chante et ris;

Prends tes gants et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde.

Reviens dans ton Paris;

Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.

S'il franchit la grande muraille;

S’il cocufie un mmidarin ;

Du peuple magot s’il se raille;

A Paris s’il revient grand train;

L'espoir qui le domine,

C'est, chez sou vieux portier,

De parler de la Chine Aux badauds du quartier.

Ris et chante, chante et ris ;

Prend» tes gauts et cours le monde ;

Mais, la bourse vide ou ronde.

Reviens dans ton Paris;

Ah ! reviens, ah! reviens, Jean de Paris.

Je veux de l’or beaucoup et vite,

asiVii -sa

Dit-il au Pérou débarquant.

A s'y fixer chacun l’invite :

Me prend-on pour un trafiquant ?

Loin de mes dix maîtresses.

Fi de ce vil métal '

Je préfère aux richesses Paris et l'hôpital.

Bis et chante, chante et ris;

Prends tes gants et cours le monde ;

Mais, la bourse vide ou ronde,

Bëviens dans ton Paris ;

Ah! reviens, ah! reviens, Jean de Paris.

A la guerre gatment il vole.

Pour la croix ou pour Saladin ;

Se bat. jure, pille et viole,

Puis à Paris écrit soudain :

■ Que ma gloire s’étende

• Du Louvre aux boulevards ;

« Qu'un ramoneur y vende

• Mon buste pour six liards. «

Ris et chante, chante et ris;

Prends tes gants et cours }e monde ;

Mais, la bourse vide ou ronde,

Reviens dans ton Paris ;

Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.

En Perse, il prétend qu’une reine Lui dit un soir : Je te fais roi.

Soit! répond-il; mais pour ma peine, Jusqu'au Pont-Neuf viens avec moi.

Pendant huit jours de fête.

Tout Paris me verra Montrer, couronne en tête.

Mon nez à l'Opéra.

Ris et chante, chante et ris ;

Prends tes gants et cours le monde ;

Mais, la bourse vide nu ronde,

Reviens dans ton Paris ;

Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.

Jean de Paris, dans ta chronique.

C’est nous qu'on peint, nous francs badauds Quittons-nous celte ville unique,

Nous voyageons Paris à dos.

Que! amour incroyable Maintenant et jadis,

Pour ces murs dont le diable A fait son paradis !

Ris et chante, chante et ris;

Prends tes gants et cours le monde; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris ;

Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.

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