CHANSON QUI COURUT MANUSCRIT!! AU MOIS D*AOUT
Air : Qiûst-Cc qu'ça m'i'ait à coi ?
Que, sous le joug des libraires,
On livre encor nos auteurs Aux censeurs, aux inspecteurs, Rats-de-cave littéraires;
Riez-en avec moi.
Ah! pour rire
- On Ternit de diecuter à ia Chambre une loi restrictive de la liberté de la presse, présentée par l'abbé de Monlesquiou, ministre de l'intérieur.
Et pour tout dire,
11 n’est besoin, ma foi,
D'un privilège du roi !
L’état ayant plus d’un membre Que la presse eût fait trembler, Qu’on ait craint son franc parler Dans la chambre et l’antichambre ; Riez-en avec moi.
Ah ! pour rire Et pour tout dire.
Il n’est besoin, ma foi,
D’un privilège du roi !
Qne cette chambre sensée Laisse avec soumission Sortir la procession Et renfermer la pensée ;
Riez-en avec moi.
Ah ! pour rire Et pour tout dire.
Il n’est besoin, ma foi,
D'un privilège du roi !
Qu’un censeur bien tyrannique De l’esprit soit le geôlier,
Et qu’avec son prisonnier Jamais il ne communique ;
Riez-en avec moi.
Ah ! pour rire Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
D'un privilège du roi !
Quand déjà l’on n’y voit guère, Quand on a peine à marcher,
En feignant de la moucher,
Qu'on éteigne la lumière ;
Riez-en avec moi.
Ah ! pour rire Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
D'un privilège du roi !
Qu’un ministre qui s'irrite Quand on lui fait la leçon,
Lise tout bas ma chanson, .
Qui lui parvient manuscrite;
Riez-en avec moi.
Ah ! pour rire Et pour tout dire,
Il n'est besoin, ma foi.
D’un privilège du roi !
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