‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 94 sur 323 · MA VOCATION · texte numérisé non relu

MA VOCATION

Au : AtUak-aa scus l'orcs

Jeté sur cette boule,

I,aid, chétif et souffrant ; Etouffé dans la foule,

Faute d'étre assez grand ;

Une plainte touchante De ma bouche sortit ;

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit ! (dis.)

Le char de l’opulence M’éclabousse en passant ; J’éprouve l'insolence Du riche et du puissant ;

De leur morgue tranchante Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Chante Chante, pauvre petit !

D’une vie incertaine Ayant eu de l'effroi,

Je rampe sous la ehaine Du plus modique emploi.

La liberté m’enchante,

Mais j’ai graud appétit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit !

L’Amour, dans ma détresse, Daigna me consoler ;

Mai» avec la jeunesse Je le vois s'envoler.

Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâtit.

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

Chanter, ou je m'abuse,

Est ma tâche ici-bas.

Tous ceux qu' ainsi j'amuse Ne m'aimeront-ils pas ?

Quand un cercle m’euchante,

Quand le vin divertit,

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

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