‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 97 sur 323 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

L'hiver redoublant ses ravages Désole nos toits et nos champs ;

Les oiseaux sur d'autres rivages Portent leurs amours et leurs chants.

Mais le calme d’un autre asile Ne les rendra pas inconstants ;

Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.

A l'exil le sort les condamne,

Et plus qu'eux nous en gémissons !

Du palais et de la cabane L'écho redisait leurs chansons.

Qu'ils aillent d'un bord plus tranquille Charmer les heureux habitants.

Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le priutemps.

Oiseaux fixés sur cette plage,

Nous portons envie à leur sort.

Déjà plug d'un sombre nuage S'élève et gronde au fond du nord.

Heureux qui sur une aile agile Peut s'éloigner quelques instants !

Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.

Ils penseront à notre peine,

Et, l'orage enfin dissipé,

Ils reviendront sur le vieux chêne Que tant de fois il a frappé.

Pour prédire au vallon fertile De beaux jours alors plus constants, Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.

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