‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 104 sur 129 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

Am : Ah! que de chaçrim dam la vie!

Combien la nature est féconde En plaisirs ainsi qu'en douleurs!

De noirs fléaux couvrent le monde De débris, de sang et de pleurs. (Bk.)

Mais à ses pieds la beauté nous attire ;

Mais des raisins le nectar est foulé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire; | Et l'univers est consolé. )

Chaque pays eut son déluge ;

Hélas ! peut-être jour et nuit

Une arche est encor le refuge

De mortels que l'onde poursuit.

Sitôt qu'Iris brille sur leur navire Et que vers eux la colombe a volé^ Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Quel autre champ de funérailles !

L'Etna s'agite, et, furieux,

Semble, du fond de ses entrailles.

Vomir Tenfer contre les cieux.

Mais pour renaître enfin sa rage expire ; Il se rassoit sur le monde ébranlé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Dieu ! que de souffrances nouvelles !

L'affreux vautour de l'Orient,

La peste, a déployé ses ailes

Sur l'homme, qui tombe en fuyant.

I^ ciel s'apaise, et la pitié respire : On tend la main au malade exilé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Mars enfin comble nos misères :

Des rois nous payons les défis.

Humide encor du sang des pères,

La terre boit le sang des Cls.

Mais l'homme aussi se lasse de détruire, Et la nature à son cœur a parlé.

Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire;

Et l'univers est consolé.

Ah! loin d'accuser la nature, Du printemps chantons le retour; Des roses de sa chevelure Parfumons la joie et l'amour. [BU.)

Malgré l'horreur que Tesclavage inspire, Sur les débris d'un empire écroulé, Coulez, bons vins; femmes, daignez sourire ; i p. Et l'univers est consolé.

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