‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 117 sur 129 · MARQUISE DE PRETINTAILLE · texte numérisé non relu

MARQUISE DE PRETINTAILLE

AiH : / veux être un chien , etc.

Marquise à trente quartiers pleins, J'ai pris mes droits sur les vilains; En amour j'aime la canaille.

D'un ton fier je leur dis : Venez.

Mais sous mes rideaux blasonnés, Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Prelintaille.

rioO CHANSONS

Vise au chapeau de cardinal.

Vils roturiers,

Bien mieux que vous je sais garder ma place *. Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Du peuple obtenez le suffrage ;

Moi, du pouvoir je crains les coups.

En vain la France rend hommage

A la vertu qui brille en vous.

A peine j'ose vous promettre

De vous rendre encor vos saluts :

Voire vertu pourrait me compromettre.

Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Chez nous le courage importune.

Et votre sage et noble voix

A fait trembler à la tribune

Ceux qui méconnaissent nos droits.

De vos discours on tient registre;

Peut-être aussi les ai-je lus.

Mais les talents ne font pas un ministre. Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

Héritier de la gloire antique, Admiré de tous les Français, Le front ceint du rameau civique, Sous le chaume vivez en paix.

* M. Pasquier, garde des sceaux, avait destitué M. Dupont de la pri'*- Fiiîenre de la cour de Rouen.

DE BÉHANGER. 553

A votre renom j'ai beau croire,

Je pense comme nos ventrus :

On ne vit pas de pain sec et de gloire. Mon cher Dupont, je ne vous connais plus. Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

DE nÉRANGKK. S57

LA FOKÏUNE

ohH CHANSONS

Elle offre perles et rubis, Manteaux d'une richesse extrême. Eh ! que nous fait la pourpre même !

Nous venons d'ôter nos habits.

DE BÉKANGEH. 559

Ah ! chers amis, par nos maîtresses Nous serons plus gaiement trompés.

Pan ! pan ! est-ce ma brune, Pan ! pan ! qui frappe en bas ?

* On sait que ce roi, retiré au Ple8s.'s-lez-Tours avec Tristan, confident cl exécuteur de ses cruautés, voulait voir quelquefois les paysans danser devant les fenêtres de son château.

Heureux villageois, dansons Sautez, fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons, Musettes

DE BÉUANGEU. 3(ii

11 vient! il vient! Ah! du plus humble chaume

Ce roi peut envier la paix.

Le voyez-vous, comme un pâle fantôme,

A travers ces barreaux épais?

Heureux villageois, dansons :

Sautez, fillettes

il)

£t garçons !

Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons!

Mais notre joie, hélas I le désespère;

Il fuit avec son favori.

Craignons sa haine, et disons qu'en bon père

A ses enfants il a souri.

Heureux villageois, dansons:

Sautez, fillettes Et garçons I Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons!

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