‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 17 sur 129 · LA GAUDRIOLE · texte numérisé non relu

LA GAUDRIOLE

Air : ï/i b&tme aventure.

Momus a pris pour adjoints

Des rimeurs d'école : Des chansons en quatre points

Le froid nous désole.

Mirliton s'en est allé.

Ah! la muse de Collé,

C'est la gaudriole^ Ogué,

(]'est la gaudriole.

Moi, des sujets polissons

Le ton m'affriole; Minerve dans mes chansons

Fait la cabriole.

DK I5KHANGE11. Il

De ma grand^mèrc, après tout, Tarlufes, je tiens le goût De la gaudriole,

Ogué, De la gaudriole.

Elle amusait à dix ans

Son maître d^école; Des cordeliers gros plaisants

Elle fut ridole.

Au prêtre qui Texhortait En mourant elle contait

Une gaudriole, 0 gué.

Une gaudriole.

C'était la Régence alors,

Et, sans hyperbole, Grâce aux plus drôles de corps,

La France était folle.

Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient

A la gaudriole, Ogué,

A la gaudriole.

On ne rit guère aujourd'hui :

Est-on moins frivole?

Trop de gloire nous a nui :

Le plaisir s'envole.

Mais au Français attristé Qui peut rendre la gaieté?

C'est la gaudriole, 0 gué,

C'est la gaudriole.

Prudes, qui ne criez plus

Lorsqu'on vous viole.

Pourquoi prendre un air confus

A chaque parole?

Passez les mots aux rieurs :

Les plus gros sont les meilleurs

Pour la gaudriole^ Ogué,

Pour la gaudriole.

ROGER BONÏEMPS

JANVIER 1814 A m : llotu/e du camp de GranUpri'.

Aux gens atrabilaires Pour exemple donné.

En un temps de misères Roger Bontemps est né.

j : l 'fi- ■: ù .

DE BKRANGEn. 15

Vivre obscur à sa guise, Narguer les mécontenls :

Eh gai ! c'est ]a devise Du gros Roger Bontemps.

li CHANSONS

Faute de vin d'élite, Sabler ceux du canton ; Préférer Marguerite Aux dames du grand ton ; De joie et de tendresse Remplir tous ses instants :

£h gai ! c'est la sagesse Du gros Roger Bontemps.

Dire au ciel- : Je me lie, Mon Père, en ta bonté; De ma philosophie Pardonne la gaieté.

Que ma saison dernière Soit encore un printemps :

Eh gai ! c'est la prière Du gros Roger Bontemps.

Vous, pauvres pleins d'envie, Vous, riches désireux, Vous dont le char dévie Après un cours heureux ; Vous qui perdrez peut-être Des titres éclatants, Eh gai! prenez pour maître Le gros Roger Bontemps.

us CHANSONS

« Les fleurs qu'aux pieds d'une volage « Il prodigua dans son printemps. »

Mais en pleurant je les vois lire . Des vers qu'ils ont cent fois relus : Parny n'est plus!

Il vient d'expirer sur sa lyre :

Pnrny n'est plus !

Je disais aux Muses plaintives :

a Oubliez vos malheurs récents * ; « Pour charmer l'écho de nos rives, « Il vous suflît de ses accents. »

Mais du poétique délire Elles brisent les attributs :

Parny n'est plus!

Il vient d'expirer sur sa lyre :

Parny n'est plus !

Il n'est plus! Ah! puisse l'envie S'interdire un dernier effort '* !

Immortel il quitte la vie; Pour lui tous les dieux sont d'accord.

Que la Haine, prête à maudire, Pardonne aux aimables vertus.

Parny n'est plus!

Il vient d'expirer sur sa lyre :

Parny n'est plus!

* Allusion à la mort do Leb.iin, de Delille, de Bernardin de Saint- Pierre, de Gréti^, etc.

" Autre allusion aux insultes faites k la mëmoire de Fauteur de la Guerre de$ Dieux,

Combien je regrette Mon bras si dodu, Ma jambe bien faite, El le temps perdu !

Maman, Lindor savait donc plaire?

— Oui, seul, il me plut quatre mois:

Mais bientôt j*estimai Valère,

El fis deux heureux à la fois.

Combien je regrette Mon bras si dodu, Ma jambe bien faite.

Et le temps perdu !

Ouoi! maman, deux amants ensemble!

— Oui; mais chacun d'eux me trompa ; Plus fine alors qu'il ne vous semble, J'épousai votre grand-papa.

Combien je regrette Mon bras si dodu, Ma jambe bien faite.

Et le temps perdu !

Maman, que lui dit la famille?

— Rien; mais un mari plus sensé Eût pu connaître à la coquille Que l'œuf était déjà cassé.

Combien je regrette Mon bras si dodu, ^

Ma jambe bien faite, Et le temps perdu !

l)K BÉKANGEU.

Maman, lui fûtes-vous fidèle?

— Oh! sur cela je me lais bien.

A moins qu'à lui Dieu ne m'appelle, Mon confesseur n'en saura rien.

Combien je regretle

Mon bras si dodu,

Ma jambe bien faite,

Et le temps perdu !

Bien tard, maman, vous fûtes veuve?

— Oui ; mais, grâces à ma gaieté, Si l'église n'était plus neuve, Le saint n'en fut pas moins fêté.

Combien je regrette

Mon bras si dodu,

Ma jambe bien faite,

Et le temps perdu I

Comme vous, maman, faul-il faire?

— Eh! mes petits enfants, pourquoi.

Quand j'ai fait comme ma grand'mèrc.

Ne feriez- Vous pas comme moi?

Combien je regrette \

Mon bras si dodu,

Ma jambe bien faite,

Et le temps perdu !

lik.

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