AINSI SOIT-IL
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AiH : Alléluia.
Je suis devin, mes chers amis :
L'avenir qui nous est promis Se découvre à mon œil subtil.
Ainsi soit-il!
Plus de poète adulateur; Le puissant craindra le flatteur; Nul courtisan ne sera vil.
Ainsi soit-il !
IMus d'usuriers, plus de joueurs, De petits banquiers grands seigneurs, Et pas un commis incivil.
Ainsi soit-il I
L'amitié, charme de nos joui-s.
Ne sera plus un froid discours I)ont rinfortune rompt le fil.
Ainsi soit-il!
La iille, novice à quinze atis.
A dix^huit avec ses amants
m CHANSONS
N'exercera que son babil.
Ainsi soit-il !
Femme fuira les vains atours, El son mari pendant huit jours Pourra s'absenter sans péril.
Ainsi soit-il !
L'on montrera dans chaque écrit Plus de génie et moins d'esprit, liaissant tout jargon puéril.
Amsi soit-il!
L'auteur aura plus de fierté, L'acteur moins de fatuité; Le critique sera civil.
Ainsi soit-il !
Un rira des erreurs dtîs grands, On chansonnera leurs agents, Sans voir arriver Talguazil.
Ainsi soit-il!
En France enfin renaît le goût; La justice règne partout, Et la vérité sort d'exil.
Ainsi soit-il !
Or, mes amis, bénissons Dieu, Qui met chaque chose en son lieu Celles-ci sont pour Pan trois mil.
Ainsi soit-il!
CIIANSUiNS
Ma robe rend mes pieds rebeller :
Un peu plus haut relevons-la.
Tra la la la, les demoiselles, Tra la la la, se forment là.
Que sur ma sœur une autre veille, Maman, je veux mettre au Salon.
Déjà je dessine à merveille Les contours de cet Apollon.
Grand Dieu ! que ses formes sont belles ! Surtout les beaux nus que voilà !
Tra la la la, les demoiselles, Tra la la la, se forment là.
Maman, il faut qu'on me marie, La coutume ainsi l'exigeant.
Je t'avouerai, ma chère amie, Que même le cas est urgent.
Le monde sait de mes nouvelles; Mais on y rit de tout cela.
Tra la la la, les demoiselles, Tra la la la, se forment là.
I»K «KUANr.Eli. 55