‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 68 sur 129 · L'HIVER · texte numérisé non relu

L'HIVER

Air : Une fille eêt un oiseau- .

Les oiseaux nous ont quittés; Déjà l'hiver, qui les chasse.

Étend son manteau de glace Sur nos champs et nos cités.

A mes vitres scintillantes

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DE BÉRANGEIi. i90

Il trace des fleurs brillantes ;

Il rend mes portes bruyantes,

Et fait grelotter mon chien.

Réveillons, sans plus attendre,

Mon feu qui dort sous la cendre.

Chauffons-nous, chauffons«nous bien. {Bis.)

0 voyageur imprudent!

Retourne vers ta famille.

J'en crois mon feu qui pétille :

Le froid devient plus ardent.

Moi, j'en puis braver l'injure :

Rose, en douillette, en fourrure, Ici, contre la froidure.

Vient m'offrir un doux soutien.

Rose, tes mains sont de glace; Sur mes genoux prends ta place.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien.

L'ombre s'avance, et la nuit Roule son char sur la neige.

Rose, l'amour nous protège :

C'est pour nous que le jour fuit.

Mais un couple nous arrive ; Joyeux ami, beauté vive, Entrez tous deux sans qui-vive :

Le plaisir n'y perdra rien.

Moins de froid que de tendresse, Autour du feu qu'on se presse.

Chauffons^nous» chauffons-nous bien.

Les caresses ont cessé Devant la lampe indiscrète.

Un festin, que Rose apprête, Gaiement par nous est dressé.

Notre ami s'est fait à table D'un brigand bien redoutable Et d'un spectre épouvantable Le fidèle historien.

Tandis que le punch s'allume, Beau du feu qui le consume.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien.

Sombre hiver, sous tes glaçons

Ensevelis la nature;

Ton aquilon, qui murmure,

Ne peut troubler nos chansons.

Notre esprit, qu'amour seconde.

Au coin du feu crée un monde

Qu'un doux ciel toujours féconde,

Où s'aimer tient lieu de bien.

Que nos portes restent closes,

lîl, jusqu'au retour des roses,

Chauffons-nous, chauffons-nous bien. (Bis.)

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