‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 78 sur 129 · LE VIN ET LA COQLEÏTE · texte numérisé non relu

LE VIN ET LA COQLEÏTE

AiB : Je vaiê Mentôt quitter l'empire.

Amis^ il est une coquette Dont je redoute ici les yeux.

Que sa vanité, qui me guette, Me trouve toujours plus joyeux.

C'est au vin de rendre impossible Le triomphe qu'elle espérait.

Ah ! cachons bien que mon cœur est sensible : La coquette en abuserait.

Faut-il qu'elle soit si charmante!

Ah! de mon cœur prenez pitié!

Chantez la liqueur écumante Que verse en riant l'amitié.

Enlacez le lierre paisible Sur mon front, qui me trahirait.

Ah ! cachons bien que mon cœur est sensible : La coquette en abuserait.

Poursuivons de nos épigrammcs Ce sexe que j*ai trop aimé.

Achevons d'éteindre les flammes Du flambeau qui m*a consumé.

Que Bacchus, toujours invincible, Ote à TAmour son dernier trait.

Ah ! cachons bien que mon cœur est sensible La coquette en abuserait.

Mais TAmour pressa-t-il la grappe i)'où nous vient ce jus enivrant?

J'aime encor; mon verre m'échappe; Je ne ris plus qu'en soupirant.

Pour fuir ce charme irrésistible, Trop d'ivresse enchaîne mes pas.

Ah ! vous voyez que mon cœur est sensible : Coquette, n'en abusez pas.

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