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Rome, le IS DOYcmhre I6il.
Mais point du tout ; Je n’ai point refusé ta dédicace ', et on ne me l’a point demandée. Voilà comme de bouche en bouche tout se dénature, et par malice; car soyez sûre que ceux qui sèment ces propos ne me veulent aucun bien.
Voici le fait. A table , chez le préfet de Florence (c’était dans le temps que Je venais de trouver ce morceau de grec], on parlait de ce roman que J'allais traduire et que Renouard devait imprimer,
■ Du Lougui imprlaé S Florence cher PUtli.
lequel Renouard était IA à table avec nous; le préfet me dit : Il faut dédier cela A la princesse; elle acceptera votre dédicace. Ce furent ses propres mots; vous savez que j'ai bonne mémoire. Je répondis : Cela ne se peut , à une femme 1 il y a dans ce livre des choses trop libres. Mais, dit Renouard , ces choses-IA se réduisent à quelques lignes qu'on pourrait adoucir de manière A rendre l'ouvrage présentable. Je ne répondis rien , et U n'en fut plus question.
Contez la chose comme cela , car c’est le vrai , et montrez, s’il le faut, ma lettreà M. d’Al... etA d'autres , si besoin est.
Je meurs de peur que mes pauvres livres ne soient gâtés par les vers et par la poussière. Faites-lcs , Je vous prie , non-seulement épousseter, mais ouvrir et feuilleter tous les deux ou trois mois.
A M. ET MADAME CLAVIER
Rome , l« SS Janvier ISIl.
Monsieur, je n’ai pu répondre plus tôt A votre lettre du 1 0 novembre , ni vous envoyer le chiffon que demandait ce directeur de la librairie, ni vous remercier comme J'aurais voulu de vos bons offlees auprès de Son Excellence : tout cela, perce que J'ai eu mal au doigt , mais un mal qui me privait de mon bras , et qui a duré deux mois ; et, pendant que J’attendais ma guérison pour vous écrire , il a écrit , lui directeur, ici au préfet , disant, comme il a dit A vous, qu'il voulait avoir cette copie du Supplément de Longus, et qu’il lâcherait aussitôt mon livre bleu 'qu'il a saisi. J'ai vite donné toutes les copies dont Je me suis pu aviser, non pas pour ravoir ma brochure , car, A vous dire vrai , Je ne m'en soucie guère , niais pour me tirer, moi , de la gueule du loup ; et Je pense que voilà qui est fait.
Ne croyez pas pourtant , Madame , que Je me sois fort tourmenté des disgrâces de ma Chioé. Je n’en ai pas perdu un coup de dent ni une partie de volant quand J’ai trouvé des Joueuses comme mesdemoiselles vos flUes. Cela est rare malbeureusement, et surtout ici. Les demoiselles, en Italie, ne Jouent guère au volant; elles ont des pensées plus sérieuses, et V amour n’attend pas le nombre des années, auxjilles6iennées,s'entead, comme elles sont toutes en ce pays-cl.
Vraiment il y avait du bon dans nos commen-
' La traducUoo ImpaimAa k Florenct, et ooQVerla an papier Mau.
LETFRES nSEDITES
taires sur Racinr, et je suis ravi, Madame, que vous vous en souveniez. Je ne l’entends bien, pour moi , que quand Je le lis avec vous , Je veux dire quand c'est vous qui me le lisez. Nul antre ne devrait s'en mêler. Je ne pense pas touterois que vous l'ayez beaucoup étudié ; mais c’est qu'il a écrit pour vous et vos pareilles. Vous avez le sentiment inné de ses divines beautés, et cela vaut mieux que le feuilleton
J’ai furieusement dans la tète le pèlerinage d’Athènes, et si cette dévotion me dure. Je pourrais bien partir au printemps. Le fait est que je veux , avant de mourir, voir la lanterne de Démostfaène, et boire de l’eau d’Ilissus,s’il y en a encore. VoIlÀ ce que Je rêve à présent ; ce qu’il en sera est écrit aux tablettes de Jupiter.
Pirancsl est venu, et ne m’a point apporté votre ouvrage. J’ai fort cherché celui que vous m’avez demandé , Symbolte UUerariœ; cela nese trouve plus ici. Le fonds de Pagliaris est passé à Naples.
A MADAME PIGALLE