PUBLIES DANS DIEFERENIS JOURNAUX
sachent que je les cherche; Ils l'apprendront si eette feuille tombe entre leurs mains.
J'ai l'honucur, etc.
CON.ST1TUTIONNKL. — 18 octobre 1823.
Nos abonnés de Tours sont priés de faire lire l'article suivant à madame Courier, femme de Paul-Loiiis , vigneron.
• Envoie-moi , ma chère amie, six chemises et
- six paires de bas. Point de lettre dans le paquet,
^ afin qu'il me puisse parvenir. Je sais que tu ne ' reçois pas les miennes et que tu t'inquiètes fort.
’ Sois tranquille , Il y a dans ce monde plus de
- justice que tu ne crois. Je ne suis ni mort, ni
- malade, ni en prLson pour le moment.
" Adieu. Ton mari. ■
îdfm. — I" novembre 1823.
M. Courier, avant-hier, allant dîner chez ses amis, fut arrêté en pleine rue par plusieurs agents (le poliee, et conduit en fiacre a l'hûtel de la Préfecture. Là, d’abord on l’interrogea sur scs nom, prénoms, qualités, sa demeure, les mois de son siqour H Paris. Il satisfit à tout, et fut mis en dépdt, c'est le mot, à la salle Saint-Martin. M. Courier, l’homme du monde le moins propre à être en prison , goûte peu la salle Saint-.Martin , qu'il n'a pas trouvée cependant un lieu si terrible qu’on le dit. Seul dans une chambre passable, il a dormi dans un bon lit ; même le porte-clefs semblait assez bonhomme, causeur et communicatif. Le lendemain, qui était hier, M. Courier fut entendu sur des écrits qu'on lui impute, par un des juges d’instruction. Visite faite de ses papiers, dans rappartemcntqu’il occupe, rien nes'y est trouvé suspect. Il se loue fort, en général, du procédé de ces messieurs. On ne saurait être écroué avec plus de civilité , interrogé plus sagement, ni élargi plus promptement qu'il n’a été.
JOURNAL I)ü COMMERCE. - 3 novembre 1823.
Au rédacteur de la Qiiotidiemie.
Vous parlez de mol , Monsieur, dans une de vos feuilles, et paraissez peu informé de ce qui me touche. Vous dites que Paul- Louis , viijneron, moi-même, votre serviteur,cn suite de petits démêlés arec ta justice, fut quelque temps en prison à.Snin<c-/’é/a 5 f/f, et puisajoutez : Nous le ] savons bien. Non , vous le savez mal , Monsieur, et cela ii'cst pas suprenant ipi'ayant a parler de e. !.. cocRixa.
tant de choses , de tant de gens , vous vous mépreniez, et trompiez quelquefois le public. Sur votre parole, il va croire que j’ai fait des tours de Scapin, dont on m'a justement puni. C’est ce que vous pensez ou donnez à penser par de telles expressions. La vérité m'oblige de vous apprendre, Monsieur, que le cas était bien plus grave pour lequel je fus condamné, l’affaire autrement scandaleuse. Il ne s'agissait pus de quelques peccadilles , mais d'un outrage fait à la morale publique. Oui, Monsieur, je l’avoue et le déclare ici , afin que mon exemple instruise. Je fus en prison deux mois à Sainte-Pélagie , par l’indulgence des magistrats , pour avoir outrage la morale publique, crime de Socrate, comme vous savez. Sur la morale particulière, un peu différente de l’autre , je n’ai eu de démêlés avec qui que ce soit, et même n’entends point dire qu'on me reproche rien.
A ce propos , Monsieur , un doute m'est venu souvent à l’esprit, question purement littéraire, que vous me pourrez éclaircir. M. de Lamartine, dont vous louez les ouvrages, me semble avoir pris dans nos lois une bonne partie de son style, ou bien nos lois ont etc faites en style de M. de Lamartine, celles au moins qui nu sont pas vieilles. Outrager la morale publique, est une phrase tout à fait dans le goût des méditations, et hors de ce commun langage ((ue le monde parle et entend ; elle s’applique à bien des choses. Si le ministre des finances fait quelque faute dans ses calculs , un de nos députés lui dira qu’il outrage rai ithmétique publique. Nos codes sont descxles. Enfin, sur une loi si sagement écrite, le tribunal , requis du procureur du roi, mes ré*ponses ouies , sur ce délibéré , m’envoya en prison deux mois. Ce fut bien fait, et je n’ai garde de m’en plaindre.
A quelque temps de là, pour un acte pareil, (pii semblait récidive, on inc remit en jugement. I.e procureur du roi , défenseur vigilant de la morale publique, demandait contre moi treize mois de prison et mille ccus d’amende. Le cas parut aux juges seulement répréhensible, et ils me renvoyèrent blâmé, mais moins coupable que la première fois. On ne peut devenir tout à coup homme de bien. Voilà, Monsieur , la vérité que vous devez à vos lecteurs , au sujet de mes démêlés avec la justice.
Mais, sur un autre point, vous me chagrinez fort , en me prêtant des termes et des façons de diredont je n’usaijamais. Scion vous, je me plains de certaines brochures imprimées sous mon nom.
UHTRES i;r ARTICI.ES l'I RLlES, ETC
dans l'étranger, dites-vous; et vous notez ces mots : Monsieur, excusez-moi, je n'ai pas dit ainsi ; vous êtes de la cour, et parlez comme vous voulez, avec pleine licence et liberté entière. Nous, gens de village, sommes tenus de parler français, pour n'être point repris, et noms disons qu'une brochure s’imprime en pays étranger. Du moins, c'est ainsi qu'on s'exprime généralement à Larça y, Cormery , Ambillon, .Montbazon et autres lieux que Je fréquente.
A’ous changez encore mes paroles , quand vous me faites dire. Monsieur, qu'il y a un prince dont les sentiments me sont connus, à moi vigneron I y |Hiisez-vous? Corrigez cela, s'il vous plaît, et de vus quatre mots n'en effacez pas trois, comme le veut Boileau, mais un ; et vous direz, en toute vérité , que les sentiments de ce prince sont connus , c’est-à-dire publics , et que personne ne les ignore. Il croit, par exemple, que les princes sont faits pour les peuples, et non lus peuples pour les princes; sentiment moins bizarre que vous ne l'itnaginez, vous autres courtisans. Il n'est ni le premier, ni le seul de sa maison a penser de la sorte, si les bruits en sont vrais.
Ivtes-vous plus exact et mieux instruit , Monsieur, quand vous nous assurez que monsieur le duc d'Urlcans |>art pour l'Angleterre? J'ai foi à vus discours ou le mensonge n'entre point; /e ciel n'est pas plus pur... Mais ù ceci Je vois bien peu de vraisemblance. On sait, et c'est encore une chose connue, qu'il aime son pays, et n’en sort pas volontiers, ayant pour cela moins de raisons qu’en aucun temps, comme vous dites, lorsqu’il
voit une guerre d'alwrd mal entreprise être
heureusement terminée.
Rare bonheur si , en effet , elle est terminée sans qu'il nous en coûte autre chose que des millions et quelques hommes ! L’état-mqjor est sain
et sauf. Remarquez-vous, Monsieur, comme
il y a peu de guerres à présent, et dans ces guerres peu de combats ? Jamais on n'a moins massacré. Cependant, vous me l'avouerez , jamais on n'a tant raisonné , tant lu , tant imprimé ; ce qui me ferait quasi croire que le raisonnement et la lecture ne sont pas cause de tous maux , comme des gens ont l'air de se l'imaginer. Nous en voilà au point que les révolutions se font sans tuer personne, et les guerres presque sans batailles. Si les contre-révolutions se pouvaient adoucir de même , ce serait un grand changement et amendement ; qu’en dites-vous ? Le faut-il espérer, a moins que ceux qui les font ne se mettent à lire 7 mais ils haïssent les livres. Ils ne voulurent point
de l'Évangile, lors<|u'il parut, et le combattent dans la Grèce. Malgré eux, l'Évangile, mis en langue vulgaire, est entendu de tous. Par lui, peut-être, cux-mémcscniins'humimiscront tpielque Jour, et consentiront les derniers à vivre et laisser vivre; mais cependant voilà passées une dizaine d’années sans i>eaucoup de carnage dans le monde ; ce qu’on n'avait guère vu encore , si ce n'est sous 1rs Antonins, quand la philosophie régnait.
P. S. Pourrez-vous m’apprendre , Monsieur, si monsieur l'abbé de la Mennais continue son Indifférence en matière de religion ; ouvrage auquel je m'intéresse ? Le temps ne saurait lui manquer, car je le crois quitte à présent de ses fonctionsde journaliste. Scs actions sont vendues, tous ses comptes réglés avec ses associés. Un petit mot là-dessus dans votre prochain numéro me satisferait extrêmement.
!\'ote du rédacteur. L'auteur de cet écrit est homme de bon sens, et sur bien des choses nous parait penser assez juste. Mais il vit loin du monde, et ignore la mesure de ce qui se peut dire. En publiant sa lettre, nous en avons retranché quelques phrases, et des mots que ceux qui connaissent son style n’auront nulle peine à suppléer.
CONS'nTUTlONNEL. — 4 mars 18J4.
A.XNOXCE.
Pamphlet des pamphlets, par Paul-Louis Courier, vigneron; brochure où il n’est point question des éiections. On a fort engagé l’auteur à publier son opinion sur ce qui se passe actuellement , et ce qu'il a vu de curieux aux assemblées électorales du département d'Indre-et-Loire. Il s’y est refusé , vu la difllculté de parler de ces choses avec modération et en termes décents. Dix ans de Sainte-Pélagie ne lui pouvaient manquer, dit-il , s'il eût touché cette matière, et c'est même pour s’en distraire qvi'il a composé la brochure que nous annonçons sur une thèse générale , sans aucune allusion aux affaires présentes, de peur d’inconvénient.
Idem. — 7 mars 1824.
Plusieurs libraires auraient envie d'imprimer le Pamphlet des pamphlets, par Paul- Louis Courier, vigneron, mais aueun n’ose s’en charger. I.es uns refusent , d’autres promettent ou même
Digiti-
PKTITION POUR I.l-S MI.LAGKOIS, RTC.
commenoeut et ii achèvent pas, tant l’entreprise leur paraît hardie, périlleuse, scabreuse. Ce n'est pas pourtant qu'ils voient rien , dans eet écrit , qui dût fâcher monsieur le procureur du roi , et leur attirer des affaires, si l'on agit légalement ; mais le nom de l'auteur les effraye. Ils s’imaginent, on ne sait pourquoi, que Paul-Louis ne sera pas traité comme un autre , et que , quelque bien qu’il puisse dire , on le poursuivra au nom de la morale publique , lui , ses libraires et imprimeurs. Pour les rassurer, il a fait de grandes coupures, et retranché de cet opuscule tout ce qui regardait les jésuites, di.x pages des mœurs
de In cour, tout le chapitre intitule ; Obligations ifun (Ifputé ministériel , arec cette épigraphe de saint Paul : La viande est pour le rentre, le ventre, est pour la viande; une magninque apostrophe aux abbés universitaires, deu.x paragraphes sur la Sorbonne (grand dommage, car ce morceau était travaillé avec soin ) , et sa péroraison entière sur l'état actuel de l'Espagne. Au moyen de ces saeriflces , qui coûtent tant à un auteur, il espère que son ouvrage, réduit à moitié environ, ces.sera d’ètre la terreur des libraires et des imprimeurs, et qu’il pourra paraître enfin , Dieu aidant , la semaine prochaine.