EPILOGUE
En manière d'adieux à la poésie « personnclle ».
Ainsi donc, adieu, cher moi-même, Que d'honnêtes gens m'ont blànic, Les pauvres) d'avoir trop aimé, Trop flatté (dame, quand on aime 1).
Adieu, cher moi, chagrin et joie Dont j'ai, paraît-il, tant parlé Qu'en n'en veut plus, que c'est réglé !
Désormais faut que je me noie
Au sein, comment dit-on cela ? — De l'Art Impersonnel, et, digne, Que j'assume un sang-froid insigne Pour te chanter, ô Walhall a,
VAr.iA î)!
Pour, Bouddha, célébrer tes rites T.t vos coutumes, tous pays !
Et, le mien de pays, ô hisse I Dire tes torts et tes mérites,
Et dans des drames palpitants Parmi des romans synthétiques Ou bien, alors, analytiques, M'é tendre en tropes embêtants !
Adieu, cher moi-même en retraite :
C'est un peu déjà du tombeau Qui nous guigne à travers ce beau Projet vers Part de seule tête,
Adieu, le Cœur ! Il n'en faut plus :
C'est un peu déjà de la terre Sur la Tête... et son art... austère Que ces « adieux » irrésolus.
Mars 1895.
A M m * Marie M— (i)
Vous fûtes bonne et douce en nos tristes tempêtes, — L'Esprit et la Raison parmi nos fureurs bêtes, — Et si Ton vous eût crue au temps qu'il le fallait On se fût épargné que de chagrin plus laid Encor que douloureux ! Puis, lorsque sonna l'heure Définitive où d'espérer n'était qu'un leurre Dorénavant» du moins vous fîtes pour le mieux Quant à tel modus vivendi moins odieux Que cette guerre sourde ou cette paix armée Qui succéda l'affreux conflit.
Soyez aimcc
Et vénérée, ô morte inopportunément !
Qui sait, vous là, précise et sûre au vrai moment,
Votre volonté, toute indulgence et sagesse,
Eût prévalu sans doute et nous eût fait largesse
D'un pardon mutuel obtenu par son soin ;
Tout serait dans la norme, avec Dieu pour témoin.
(I) Pour Madame Marie Méauté, la belle-mère du poète.
VARIA
Mais Dieu n'a pas voulu qui vous a donc reprise, Pourquoi
Dormez, ô vous, sous votre pierre grise, Qui fîtes le devoir et ne cédâtes pas, Dormez par ce novembre où ne peuvent mes pas Malades vous aller porter quelque couronne.
Mais voici ma pensée, ô vous, douze, ô vous, bonne !
i«* novembre 1894.