‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 53 sur 86 · SUR LE CALVAIRE · texte numérisé non relu

SUR LE CALVAIRE

Lorsque Jésus fut mort, et comme une auréole S'allumait bleue au front blanc du Nazaréen, Plus pâle qu'un cadavre et plus tremblant qu'un chien, Le bon larron prenant brusquement la parole :

« Compagnon, que dis-tu de tout ceci ? Moi ? Rien, Répondit le mauvais larron. Rien, âme molle, Rien, ô cerveau chétif qu'un tel prodige affole, Sinon qu'en pendant là cet homme Ton fit bien. »

Un coin du ciel s'ouvrit soudain comme une porte,

Et la foudre s'en vint brûler l'audacieux

Qui hurla, puis reprit : c On a bien fait, n'importe ! »

Un corbeau qui passait lui creva les deux yeux. Et vers ses pieds mordus se dressait une louve. Mais l'Obstiné cria : « Qu'est-ce que cela prouve ? »

(i; Sonnet de ieunesse publié sur une copie.

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