‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 104 sur 279 · FIGARO, MARCELINE · texte numérisé non relu

FIGARO, MARCELINE

Figaro.

JljL é bien ^ ma mère ?

Marceline.

Hé bien , mon fils ?

F I G A iK) , comme étouffe»

Pour celui-ci !... H y a réellement des choses !..

Marceline.

Il y a des choses ! Hé qu'est-ce qu'il y a ?

A C T E I V. aG7

F I G À n o , les mains sur sa poitrine.

Ce que je viens d'entendre , ma mère , je Taî là comme un plomb.

Marceline riant.

Ce cœur plein d^assurance n'était donc qu\m . ballon gonflé ? Une épingle a tout fait partir !

Figaro furieuoc.

Mais celte épingle , ma mère , est celle qu'il a ramassée !

Marceline rappelant ce qu^il a dit.

La jalousie ! oh! j'ai là-dessus, ma mère, une

philosophie imperturbable ; et si Suzanne

ra'alirapc un jour, je le lui pardonne—..

Figaro ^i^ement.

Oh , ma mère ! on parle comme on sent: mettez le plus glacé des juges à plaider ^dans sa propre cause, et voyez-le expliquer la loi! — Je ne m'étonne plus s'il avait tant d'humeur sur ce l'eu ! — Poup la mignonne aux fines épingles, elle n'en est pas cù elle le croit, ma mère , avec %^B mnronniers ! Si mou mariage est assez fait pour légitimer ma colère, en revanche il ne Test p:\s assez ])Our que je n'en puisse épouser une autre , et ^abandonner

Marceline.

Bien conclu ! Abîmons toiït sur un soupçon.

Qui t'a prouvé , dis-moi ,. que c'est toi qu'elle joue et non le comte ? L'as-lu étudiée de nouveau , pour la condamner sans appel ? Sais-tu si elle se rendra sous les arbres? à quelle intention elle y va? ce qu'elle y dira? ce qu'elle y fera ? Je te croyais plus fort en jugement !

'Figaro lui baisant la main ai^ec transport»

Elle a raison, ma mère , elle a raison, raison ^ toujours raison! mais accordons, maman, quelque chose à la nature; on en vaut mieux après. Examinons en eHct avant d'accuser et d'agir. Je sais où est le rendez*vous. Adieu , ma mère.

( // sort. )

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