‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 123 sur 279 · SCÈNE XIX et dernière · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX et dernière

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LA COMTESSE sort de P/iutre pavillon,

La. Comtesse se jette à genoux,

A V moins je ferai nombre.

Le Comte , regardant la comtesse et Suzanne,

Ah , qu'est-ce que je toîs ! •

Bnio'oisoN, riant.

Et pardi ^ c^è-est Madame.

Le Comte n^uù relever la Comtesse»

Quoi, c'était vous, comtesse? (d^un ton sup^ pliant : ) Il n'y a qu'un pardon généreux

La Comtesse, en riant.

Vous diriez , non , non , a ma place ; et moi , pour la troisième fois d'aujourd'hui, je l'accorde sans condition. ( Elle se n?/è^e.-)

Suzanne ^e relève.

Moi aussi.

Ma u c £ lin e se relève»

Moi aussi.

^Li^

5j4 le mariage de FIGARO,

FiGAEO se relève*

Moi aussi ; il y a de Fécho ici !

Tous se relèvent.

Le Coûte.

De l'écho ! — J'ai touIu ruser avec eux ; ils m'ont traité comme un enfaint !

La Comtesse^ en riant.

Ne le regrettez pas , monsieur le Comte*

Figaro 9 s' essuyant les genoux avec son chapeau.

Une petite journée comme celle-<:i forme bien un ambassadeur !

Le C0MTE9 à Suzanne.

Ce billet fermé d'une épingle ?..•.

Suzanne»

C'est Madame qui l'avait dicté.

Le Comte.

La réponse lui en est bien due.

( // baise la main de la comtesse. )

La Comtesse.

Chacun aura ce qui lui appartient.

( El/e donne la bourse à Figaro et le diamant à Suzanne.

Suzanne^ à Figaro.

Encore une dot.

Figaro^ frappant la bourse dans sa main* Et de trois. Celle-ci fut rude à arracher!

Comme notre mariage.

Gripe-Solbil.

Et la jarretière de la mariée , l'aurons-je ?

La Comtesse arrache le ruban qu^elle a tant gardé dans son sein y et le jette à terre.

Lia jarretière? Elle était avec ses habits; la voilà.

Les GARçor^s de la noce ^veulent la ramasser. CftÉRUBiN , plus alerte , court la prendre et dit : Que celui qui la veut y Tienne me la disputer.

Le Comte en riant ^ au page.

Pour un Monsieur si chatouilleux, qu'avez-TOus trouvé de gai à certain soufïïet de tantôt?

Chérubin recule en tirant à moitié son épée.

A moi , mon colonel?

Figaro, ai^ec une colère comique.

C'est sur ma joue qu'il Ta reçu : voilà comme les grands font jiisiice !

5i6 LE MARIAGE DE FIGARO,

\ Le Comte, rianU

C'est sur sa joue? Ah, ah , ah , qu'eu dites-yous donc y ma chère comtesse ?

Là Comtesse absorbée radient à elle » et dit

avec sensibilité.

Ah ! oui y cher comte , et pour la vie y sans distraction y je vous le jure.

Le Comte, frappant sur V épaule du juge.

Et TOUS y don Brid'oison y votre avis maintenant ?

, Brid' OISON.

Sur-ur tout ce que je vois , monsieur le Comte?.. Ma-a foi, pour moi je-e ne sais que vous dire : voilà ma façon de penser.

Tous ENSEMBLE.

Bien jugé.

Figaro.

J'étais pauvre , on me méprisait. J'ai montré quelque esprit , la haine est accourue. Une jolie femme et de la fortune

Bàrtholo , en riant.

Les coeurs vont te revenir en foule.

Figaro.

£sc-il possible?

Bartholo.

Je les connais.

Figaro^ saluant les spectateurs.

Ma femme et mon bien mis à part ; tous me feront honneur et plaisir.

On joue la ritournelle du Vaudeville, (Air noté. ) VAUDEViiLE.

PEEMZIR COUPIitT«

Triple dot , femme superbe j . * Que de biens pour un, époux!

D'un Seigneur, d'un Page imberbe, Quelque sot serait jaloux.

Dujatîn d'un vieux proverbe, L'homme adroit fait son parti.

Figaro.

Je le sais*

Non,

(Il chante : ùaudeiant bene natU )

(Il chante: Gaudeat bene nanti. )

3i8 LE MARIAGE DE FIGARO,

DXUXIEME G0U1PLXT.

Qu'un mari sa foi trahisse ,

Il s'en vante, et cliacun rit;

Que sa femme ait un caprice ,

S'il l'accuse , on la punit.

De cette absurde injustice ,

Faut-il dire le pourquoi?

Les plus forts ont fait la loi. {Bis* )

Figaro.

TROISIEMS GOUFLST*

Jean Jeannot , jalouiL risible ,

Veut unir femme et repos;

Il achetie un chien terrible 4

Et le lâche en son enclos.

La nuit , quel yacarme horrible l

Le chien conrt , tout est mordu |

Horftl'amant qui l'a vendu. {Bis.)

La Comtesse.

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