‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 152 sur 279 · GUILLAUME, FIGARO · texte numérisé non relu

GUILLAUME, FIGARO

GviLLKVVLEj (ai^ec une lettre.)

EistiEiE Bégearss ! Ché vois qu'il est pas pour ici?

Fi c A R o ^ rangeant le déjeuné^

Tu peux Fattendre , il va rentrer.

GuiLLAUH£;i reculant.

Meingoth c'hattendrai pas Meissieïr en gombagnie té vout ! Mon maître il youdraît point y je chure.

Figaro.

Il te le défeud ? eh bien I donne la lettre ; je vais la lui remettre en rentrant.

Guillaume reculant.

Pas plis à vous té lettres ! O tiable I il voudra pientôt me jasser.

Figaro â part.

Il faut pomper le sot. — Tu.^. viens de la poste^ je crois ?

Syô' LA MÈKE COUPABLE,

Guillaume.

Tiable ! non , ché viens pas.

C'est sans doute quelque missive du Gent* lemen. • *• • • du parent irlandais dont il vient d'hériter? Tu sais cela, toi, bon Guillaume?

Guillaume riant niaisement.

Lettre d'un qu'il est mort , Meissieïr ! non , ché vous prie ! celui-là, ché crois pas , partie! ce sera piea plitoi: d'un autre. Peut-être il viendrait d'un qu'ils sont là«««««* paç coatents ^ dehorSf

D'un de nos mécontents , dis-tu ?

Guillaume»

Oui , mais ch'assure pas...

Figaro à part.

Cela se peut ; il est fourré dans tout. ( A Guillaume^ ) On pourrait voir au timbre , et s'assurer...

Guillaume.

Ch'assure pas ; pourquoi ? les lettres il vient chez M. O-Connor; et puis, je sais pas quoi p'est timpré , pioi^

F I G A A o pivement. , O-Connor^ banquier irlandais ?

Guillaume.

Mon foi !

Figaro revient d lui j froidement.

Ici près , derrière ITiôtel ?

Ein fort choli maison^ partie ! tes chens très... beaucoup gracieux ^ si j'osse dire ( Il^e retire à ï écart. )

Figaro à lui-même.

O fortune ! O bonheur !

Guillaume revenant.

Parle pas, fous, de s'té banquier, pour personne ; entende-fous ? ch'aurais pas du«.. Ter^ taî/le I ( Il frappe du pied. )

F 1 G A ji o*

Vas I je n'ai garde ; ne crains rien.

Guillaume.

Monmaitre, il dit, Meissieïr , tous àfire tout

Tesprit , et moi pas...... Alors c'est chuste

Mais , peut*-ètre ché suis mécontent d'avoir dit à foust».

SyS LA MÈRE COUPABLE^

Figaro.

£t pourquoi ?

Guillaume. ''

Ché sais p^s. — La valet trahir , voye-fous... L'être un péché qu'il est parpare , vil , et même... puéril.

Figaro.

Il est vrai ; mais tu n'as rien dit.

G U I L L'A U M E désolé.

Mon Thié ! mon Thié ! ché sais pas , là....

quoi tire ou non ( // se retire en soupir

rant. ) Ah ! ( // regarde niaisement les livres de la bibliothèque. )

Figaro à part.

Quelle découverte ! Hasard I je te salue ( Il cherche ses tablettes. ) Il faut pourtant que je démêle comment un homme si caverneux s'arrange d'un tel imbécil}^... De même que les brigands redoutent les réverbères... Oui , mais un sot est un fallot ; la lumière passe à travers. ( // dit en écrivant sur ses tablettes. ) O-Connor , banquier irlandais. C'e^t là qu'il faut que j'établisse mon ncMT comité de recherches. Ce moyen là n'est pas trop constitutionnel ; ma ! perdio ! l'utilité ! Et puis^ j'ai mes exemples ! {Il écrit.)

Quatre ou cinq louis d'or au yalet chargé da détail de la poste ^ pour ouvrir dans un cabaret chaque lettre de l'écriture d'Honoré-TartufFe Bégearss*... Monsieur le tartuffe honoré ! tous cesserez enfin de Fétre ! Un dieu m'a mis sur votre piste. ( // serre ses tablettes. ) Hasard I Dieu méconnu ! les anciens t^appelaient Destin ! nos gens te donnent un autre nom.».

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