GUILLAUME, FIGARO
GviLLKVVLEj (ai^ec une lettre.)
EistiEiE Bégearss ! Ché vois qu'il est pas pour ici?
Fi c A R o ^ rangeant le déjeuné^
Tu peux Fattendre , il va rentrer.
GuiLLAUH£;i reculant.
Meingoth c'hattendrai pas Meissieïr en gombagnie té vout ! Mon maître il youdraît point y je chure.
Figaro.
Il te le défeud ? eh bien I donne la lettre ; je vais la lui remettre en rentrant.
Guillaume reculant.
Pas plis à vous té lettres ! O tiable I il voudra pientôt me jasser.
Figaro â part.
Il faut pomper le sot. — Tu.^. viens de la poste^ je crois ?
Syô' LA MÈKE COUPABLE,
Guillaume.
Tiable ! non , ché viens pas.
C'est sans doute quelque missive du Gent* lemen. • *• • • du parent irlandais dont il vient d'hériter? Tu sais cela, toi, bon Guillaume?
Guillaume riant niaisement.
Lettre d'un qu'il est mort , Meissieïr ! non , ché vous prie ! celui-là, ché crois pas , partie! ce sera piea plitoi: d'un autre. Peut-être il viendrait d'un qu'ils sont là«««««* paç coatents ^ dehorSf
D'un de nos mécontents , dis-tu ?
Guillaume»
Oui , mais ch'assure pas...
Figaro à part.
Cela se peut ; il est fourré dans tout. ( A Guillaume^ ) On pourrait voir au timbre , et s'assurer...
Guillaume.
Ch'assure pas ; pourquoi ? les lettres il vient chez M. O-Connor; et puis, je sais pas quoi p'est timpré , pioi^
F I G A A o pivement. , O-Connor^ banquier irlandais ?
Guillaume.
Mon foi !
Figaro revient d lui j froidement.
Ici près , derrière ITiôtel ?
Ein fort choli maison^ partie ! tes chens très... beaucoup gracieux ^ si j'osse dire ( Il^e retire à ï écart. )
Figaro à lui-même.
O fortune ! O bonheur !
Guillaume revenant.
Parle pas, fous, de s'té banquier, pour personne ; entende-fous ? ch'aurais pas du«.. Ter^ taî/le I ( Il frappe du pied. )
F 1 G A ji o*
Vas I je n'ai garde ; ne crains rien.
Guillaume.
Monmaitre, il dit, Meissieïr , tous àfire tout
Tesprit , et moi pas...... Alors c'est chuste
Mais , peut*-ètre ché suis mécontent d'avoir dit à foust».
SyS LA MÈRE COUPABLE^
Figaro.
£t pourquoi ?
Guillaume. ''
Ché sais p^s. — La valet trahir , voye-fous... L'être un péché qu'il est parpare , vil , et même... puéril.
Figaro.
Il est vrai ; mais tu n'as rien dit.
G U I L L'A U M E désolé.
Mon Thié ! mon Thié ! ché sais pas , là....
quoi tire ou non ( // se retire en soupir
rant. ) Ah ! ( // regarde niaisement les livres de la bibliothèque. )
Figaro à part.
Quelle découverte ! Hasard I je te salue ( Il cherche ses tablettes. ) Il faut pourtant que je démêle comment un homme si caverneux s'arrange d'un tel imbécil}^... De même que les brigands redoutent les réverbères... Oui , mais un sot est un fallot ; la lumière passe à travers. ( // dit en écrivant sur ses tablettes. ) O-Connor , banquier irlandais. C'e^t là qu'il faut que j'établisse mon ncMT comité de recherches. Ce moyen là n'est pas trop constitutionnel ; ma ! perdio ! l'utilité ! Et puis^ j'ai mes exemples ! {Il écrit.)
Quatre ou cinq louis d'or au yalet chargé da détail de la poste ^ pour ouvrir dans un cabaret chaque lettre de l'écriture d'Honoré-TartufFe Bégearss*... Monsieur le tartuffe honoré ! tous cesserez enfin de Fétre ! Un dieu m'a mis sur votre piste. ( // serre ses tablettes. ) Hasard I Dieu méconnu ! les anciens t^appelaient Destin ! nos gens te donnent un autre nom.».