‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 221 sur 279 · TOUS DEUX · texte numérisé non relu

TOUS DEUX

Je ne m'y sens aucoa empressement.

Li. Natuak.

EuEwits, il TOUS manque de naître, Four penser bien différemment.

D E T A R A R E. ^ Sai

Le GÉiriE du Feu les examine.

Mon œi] , entr'eux^ cherche an roi préférable j Mais, qne je crains mon jugement !

Nature, Terreur d^un moment Peut rendre un siècle misérable.

La Nature aux deux Ombres.

Futurs mortels , prosternez-vous :

Ayec respect att^pdez en silence

Le rang qu'ayant votre naissance * Vous allez recevoir de nous.

( Les deux Ombres se prosternent; et pendant çue le Génie hésite dans son choix ^ toutes les Ombres curieuses chantent le chœur suivant, en les eni^eloppant. )

Ghoeue des Ombres.

Quittons nos jeux, accourons tous :

Deux de nos frères à genoux Reçoivent Tarrêt de leur vie.

Le GémE du Feu impose les mains à l'une des

deux Ombres.

Sois l'empereur Atar , despote de l'Asie, Règne à ton gré dans le palais d'Ormus.

( A Vautre Ombre. )

Et toi, soldat, formé de parents inconnus, Gémis long-temps de notre fantaisie.

5m prologue

La Nature.

Vous Tavez fait soldat; mais n'allez pas plus loin : C'est Tarare. Bientôt tous serez le témoin De leur dissemblance future*

( j^ux deux Ombres. )

Enfants 9 embrassez-vous : égaux par la nature , Que TOUS en serez loin dans la société ! De la grandeur altière a l'humble pauvreté , Cet intervalle immense est désormais le v6tre , A moins que de Brama la puissante bonté ,

Par un décret prémédité,

Ne vous rapproche l'un de Tautre , Pour l'exemple des rois et de l'humanité.

Quatre OmiIres principales en choeur.

G bien&isante Déité !

Ne souffrez pas que rien altère

Notre touchante égalité ;

Qu'un homme commande à son frère !

Toutes les Ombres en chœur.

O bienfaisante Déité!

Ne souffrez pas que rien altère

No^re touchante égalité ;

Qu'un homme commande a son frère!

( L'Ombre d'Atar seule ne, chante pas , et s'éloigne auec hauteur; le Génie du Feu la fait remarquer à la Nature. )

La N ATVZ.E au Génie du Feu.

C*est assez. Eteignons en eux Ce germe d'une grande idée , Faite pour des climats et des temps plus heureux.

( A toutes les Ombres, )

Tels qu'une vapeur ëlancée^ Par le froid en eau condensée , Tombe et se perd dans^'Ocëan; Futurs mortels , rentrez aans le nëant., Disparaissez.

( Au Génie du Feu. )

Et nous, dont Tessence profonde Dévore l'espace et le temps; Laissons en un clin-d'œil écouler quarante ans ; Et voyons-les agir sur la scène du monde.

( La Nature et le Génie du Feu s*élevent dans les nuages dont la masse redescend et couvre toute la scène. )

Choeur d'Esprits £Ri£2fs.

Gloire à Téternelle Sagesse, Qui , créant l'immortel amour , Voulut que par sa seule ivresse , L'être sensible obtint le jour.

Fiw DU Prologue.

Page 1