‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 66 sur 279 · SUZANNE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

SUZANNE, LA COMTESSE

LjL Comtesse dans sa bergère*

Vous voyez, Suzanne^ la! jolie scène *que TOtre étourdi m'a valu avec son billet.

Suzanne.

Ah y Madame , quand je suis rentrée du cabinet, si^vous aviez vu votre visage! il s'est terni tout à coup : mais ce n'a été qu'un nuage ; et par degrés , vous êtes devenue , rouge , rouge ,

rouge !

La Comtesib.

Il a donc sauté par la fenêtre ?

Suzanne.

Sans hésiter, le charmant enfant! léger

comme une abeille.

La Comtesse.

Ah ce fatal jardinier ! Tout cela m'a remuée au point que je ne pouvais rassembler deux

idées.

174 LE MAl^IAGp DE FIGARO ,

Suzanne.

Ah ! Madame ^ au contraire ; et c'est là que j'ai vu combien Tusage du grand monde donne d'aisance aux Dames conune il faut^ pour mentir sans qu^il j paraisse.

Croiç-tu qi|e le Comte en çoit la dupe ? et s'il trouTait cet epfant au château !

Suzanne.

Je Tais recommander (Je le cacher si bien

La Comtessb.

Jl f^^t qu'il pafte. Après ce qui yient d'arri- V.er> voi^ çroypjs bieu que je pe suis pas tentée de l'envoyer au jardin à TOtre place.

Il est certain que je n'irai pas non plus. Voilà donc mon mariage eacorç upe fois

La /Comtesse se lèi^e.

Attends Au lieu d'un autre ^ ou de toi,

si j'y allais moirmême!

Suzanne.

Vous, Madame?

La Ç o ^ t b s b.

Il n'y aurait persojone d'e^^posé le Comte

alors ne pourrait nier Avoir puni sa jalousie^

et lui prouver son ioQdélité! cela suerait

Allons : le bonheur d'un premier hasard m'enhardit à tenter le second. Fais-lui savoir promptement que tu te rendras au jardin* Mais surtout que personne..*.*

Suzanne* Ah! Figaro.

LaCohtesse.

Non , non. Il voudrait mettrç ici du sien

iMon masque de velours^ et ma canne; que j'aille y rêver sur la terrasse. ( Suzçnne entre dans le cabinet de toilette. )

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