SCÈNE PREMIÈRE
LA COMTESSE, SUZANNE
La Comtbssb.
J E n'ai pu rien tirer de cène enfant. — Ce sont des pleurs , des étoufferoents !••• Elle se croit d» torts envers moi , tn'a demandé cent fois pardon ; elle veut aller au couvent. Si )e rapproche tout ceci de sa conduite envers mon fils , je présume qu'elle se reproche d'avoir écouté son amour ^ entretenu ses espérances , ne se crojant pas un parti assez considérable pour lui. — Charmante délicatesse ! excès d'une aimable vertn ! M. Bégearss apparemment lui en a touche quelques mots ^ui l'auront amenée à s*affliger 90g
elle I car c'est un homme si scrupuleux ^ et si délicat sur Hionueur , qu'il s'exagère quelquesfois , et se fait des fantômes où les autres ne Toient
rien.
Suzanne*
J'Ignore d'où provient le mal ; mais il se passe ici des choses bien étranges ! Quelque démon y souffle un feu secret. Notre maître est sombre à périr ; il nous éloigne tous de lui. Vous êtes sans cesse à pleurer. Mademoiselle est suffoquée. Monsieur Totre fils désolé I...... M. Bégearss, lui
seul , imperturbable comme un dieu ! semble n'être affecté de rien; Toit tous tos chagrins d'un oeil sec
La Cox'tbsse.
Mon enfant y son cœur les partage. Hélas ! sans ce consolateur ^ qui verse un baume sur nos plaies , dont la sagesse nous soutient , adoucît toutes les aigreurs , calme mon irascible époux p nous serions bien plus malheureux !
Suzanne.
Je souhaite 9 Madame , que tous ne tous abu« siez pas !
La Comtesse.
Je t'ai Tue autrefois lui rendre plus de justice ! ( Suzanne baisse les yeux. ) Au reste , il peut
4o6 LA MÈRE COUPABLE,
seul me tirer du irouble où cette enfimi m'a Fais^e prier de descendre chex moi.
Le Toici qui vient k propos ; tous toos feret coiffer plus tard. ( Elie sort. )