‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 190 sur 267 · LA COMTESSE, LE COMTE, LÉON · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LE COMTE, LÉON

caché0

Le Coûte, sèchement.

jyiADAiiE, on dit que tous me demandez ?

La Comtes s fi, timidement.

J'ai cru, Monsieur, que nous serions plus libres dans ce cabinet que chez tous.

Le Comte.

M'y Toilà, Madame , parlez.

La Comtesse, tremblante.

Asseyons-nous, Monsieur, je tous conjure, et prêtezHnoi.Totre attention.

Le Comte, impatient.

Non, j*entendrai debout; tous saTCz qu'en parlant je ne saurais tenir en place.

446 LA tfÊRE COUPABLE,

La C0MTB68B s^assejrùni, opec un souper,

ei parlant bas.

Il s'agit de mon fils..... Mcmsieur.

Le Comte, brusquement*

De Totre fils. Madame?

La CoMTBâB.

Et quel autre iotérèt pourrait vaîoa pugnànce à engager un entretien que recherchez jamais ? Mais je Tiens de le un état à £ûre comp^ssign : Tesprit troublé, le cœur serré de Tordre que tous lui domies de partir sur-le-champ ; surtout du ton de éntu qui accompagne cet q^. Eh! commeac a-inl encouru la disgrâce d'un p...... d'un homme fi

piste ? Depuis qu'un exécrable duel nous a nvi notre autre fils.....

Le Comte les mains sur le visage, avtc m

air 40 ihfiimt.

Ah I

La Comtessb.

Celui-ci , qui jamais ne dut connaître le cbi* grin, a redoublé de soins et d'attentions pour adoucir TaniertBme des ndtiesl

Le CoMTBf se promemmt

AhL

Le caractère emporté de son frère , son désordre ^ ses goûts et sa conduite déréglée nans en donnaient souvent de bien cruels. Le ciel se- Tère, mais sage en ses décrets^ en nous privant de cet enfant , nous en a peut-être épargné de plus cuisants pour l'avenir*

Le Comte, ai^ac douleur.

Ah! ah!

La Comtesse.

Mais, enfin, celui qui nous reste a-t*il jamais manqué à ses devoirs ? Jamais le plus léger rereproche fut-il mérité de sa part? Exemple des hommes de son âge , il a Kestime univers selle : il est aimé, recherché, consulté. Son p..... protecteur naturel , mon époux seul, parait avoir les yeux fermés sur un no^rite transcendimt ^ dont Féclat frappe tout le monde.

Le Comte se promène plus vite sans parler^

La Comtesse, prenant courage de son silence, continue d^un ton plus ferme , et /V/è^e par degrés.

En toutauti*e sujet. Monsieur, je tiendrais à fort grand honneur de vous soumettre mon avis , de modeler mes sentiments , ma faible opinion sur la vôtre ; mais il s'agit...*, d'un fils

Le Comte s^agiie en marchanim

La Comtesse.

Quand il ayait ud frère atné, Torgueil é'm très-grand nom le condamnani au célibat. Tordre de Malte éuit son sort. Le préjugé seiafaLàJ alors couTrir Tinjustice de ce partage cmrr deux fils {timidement) égaux en droits*

Le Comte s^aglte plus fart. {A part^ ^m,

ton étovffé.)

Egaux en droits !

La Comtesse^ un peu pius fan^

Mais depuis deux années qn'un accident s^ fireux..... les lui a tous transmis , n'est«41 pas éloa* nantque tous n'ayiez rien entrepris pour le rde» Ter de ses Tœux ? 11 est de notoriété que to» n'aTex quitté TEspagne que pour dénaturer t» biens y par la Tente, ou par des échanges* Si c'est pour Ten priTcr, Monsieur, la baine ne te p» plus loin! Puis, tous le chasses de chea Tom, et semblés lui fermer la maison p.«..« par toui habitée! Permettes - moi de tous le dire; ■■ traitement aussi étrange est sans excuse aux ycni de la raison. QuVt-il fait pour le mériter ?

Le Comte s^arréte^ d^un tan terjAle.

Ce qu'U a fait !

La Comtesse effrayée.

Je voudrais bien , Monsieur , ne pas "vous offenser I

• Le CoAte plus fort.

Ce qu'il a fait. Madame I Et c'est vous qui le demandez ?

L^ Comtesse en désordre.

Monsietfr , Monsieur I vous m'effrayez beaucoup !

Le Comte avec fureur.

Puisque vous avez provoqué l'explosion du ressentiment qu'un respect humain enchaînait , vous entendrez son arrêt et le vôtre.

La Comtesse plus troublée.

Ah, Monsieur! Ah, Monsieur !•••••

Vous demandez ce qu'il a fait?

La Comtesse levtuit les bras.

Non f Monsieur , ne me dites rien f Le Comte hors de lui.

Rappelez-vous ^ femme peffide , ce que vous avez £àit vous-même I et comment » recevant un adultère dans vos bras^ vous avez mis dans ma

Théâtre. IL 29

45o LA MERE COUPABLE,

maison cet enfaut étranger ^ que tous osez mer mon fils.

La C0UTE6SE au désespoir veut se te%iTr»

Lia Usez-moi m 'enfuir, ]e tous prie.

Le Comte la clouant sur son fauteuiL

Non » TOUS ne fuires pas ; tous n'échappoes point à la coUTiction qui tous presse^/ Lut

trant sa lettre. ) Connaissei^Tous cem écriture ? Elle est tracée de Totre main coupable ! Et ces caractères sanglants qui lui serrent de ré* ponse««**»«

La Comtesse anéanlie.

Je Tais mourir I je Tais mourir !

Le Comte tivec force*

Non y non; tous entendrea les traits que fea ai soulignés ! ( // Ut a^c égarement. ) et Alal- M heureux insensé ! notre sort est rempli , Tocre M crime 9 le mien reçoit sa punition. Aujov* M dliuiy jour de Sainte Léon, patroQ de ce » lieu y et le TÔtre , je Tiens de mettre au » un fils , mon opprobre et mon désespoir* ( // parle. ) Et cet enfant est né le jour de Léàn t plus de dix mois après mon dépan pour la P'era Cruxl

(Pendant qu'il lit très ^ fort, on entend ta

Comtesse , égarée , dire des mois coupés gui partent du délire.)

La Comtesse priant les mains jointes.

Grand Dieu ! tu ne permets donc pas que

le crime ie plus caché demeure toujours im*

puui I

Le C o m t ]ç.

Et de la main du corrupteur. ( // lit. )

M L^ami qui tous rendra ceci quand je ne serai M plus , est sûr. »

La Comtesse priant.

Frappe^ mon Dieu I car je Tai mérité I

Le Comte à't.

a Si la mort d'un infortuné tous inspirait un » reste de pitié, parmi les noms qu'on Ta n donner à ce fils , héritier d'un autre

La Comtesse priant.

Accepte Tborreur que j'éprouTe# en expiation

de ma Ciute I

Le Comte lit.

M Puis-je espérer que le nom de Léon.......

( Il parle. ) Et ce fils s'appèle Léon I

La Coût essz égarée f les^ yeux fermés.

O Dieu I mon crime fut bien grand , s'il égala ma punition! Que ta Tolonté s'accomplisse I

Le Coûte plus /art.

Et , couverte de cet opprobre , tous Oicz ne demander compte de moa éloignesMit pi^-:

lui !

La Comte 88 fi priant ioujoun.

Qui 8uis-ie9 pour m'y opposer , lonqoe m bras s'appesantit? *

Le C o V t e.

Et 9 lorsque tous plaidez pour renfant de ft malheureux , tous aTez au bras mon ponrL '

La Coutesse^ en le détachant ,

le regarde*

Monsieur ^ Monsieur^ je le rendrai ; je s^ * que je n'en suis pas digne. (Dans le plus grar.^ égarement. ) Ciel ! que m'arriTe - 1 • il ? Ab ! ^ perds la raison ! Ma conscience trooblce U.: na!u*e des fantômes ! — Rcprobatioa antîcipr\ ' *— le Tois ce qui n'existe pas • • • • Ce n'est \u « TOUS ; c'est lui qui me fait signe de le toiTrc • d'aller le rejoindre au tombeau!

Le Comte effrayé.

Comment ? Eh bien ! Non , ce n'est pas*.-

La Comtesse en délire.

Ombre terrible ! éloigne toi !

Le Comte crie avec douleur.

Ce n^est pas ce que vous croyez I La Comtesse jette le bracelet par terre. Attends..... Oui ^ je t'obéirai.....

L E C o MTE plus trouble\ Madame, écoutez-moi

La Comtesse.

J'irai...... Je t'obéis Je meurs ( Elle

reste évanouie* ) ■

Le Comte effraye' ramasse le bracelet*

J'ai passé la mesure Elle se trouve mal

Ah I Dieu ! Courons lui chercher du secours ;

( // sort , il s^ enfuit. )

(^Les convulsions de la douleur font glisser la^ Comtesse à terre. )

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