‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 193 sur 267 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

LE COMTE , LÉON , SUZANNE, LA COiMTESSE évanouie.

Léon lui tenant le Jlacon sous le nez. S 1 l'on pouvait la faire respirer. ! O Dieu !

reuds-moi ma malheureuse mère !..*^ La Tokî qui reyienu.*.*.

ScziNNE pleuranL

Madame ! allons , Madame !••••

La Coutkssc ref'fnani à elle*

Ah ! qu'on a de peine à mourir !

Léon égare*

Non maman , tous ne mourrez pas !

La Comtesse égarée.

O ciel ! entre mes juges I entre mon époux ec mon fils ! Tout est connu..... et crimindle et^ yers tous deux.... {Elle se jette à terre et sepnu^ terne.) Vengez-vous Fun et l'autre ! Il n'est plus de pardon pour moi ! ( ^f^c horreur. ) Mère coupable ! épouse indigne ! un instant nous a ions perdus. J'ai mis Thorreur dans ma famille ! J*at lumai la guerre intestine entre le père et les «k fants ! Ciel )ii$te ! il fallait bien que ce crime fiit découvert ! Puisse ma mort expier mon forfait !

Le Comte au désespoir.

Non, revenez h vous ! votre douleur a déchiré mon âme ! Asseyons - la. Léon !...•• Moa fils ! ( Léon fait un grand mouvement. ) Susaonr » asseyons-la.

(Ils la remettent sur le/auieuiL )

SCÈNEXVIII.

Lbs Précédents, FIGARO.

Figaro accourant* IIalle a repris sa connaissance?

Ah Dieu ! j'étouffe aussi. ( Elle se desserre. )

Le Comte crie.

Figaro ! vos secours !

Figaro étouffe'.

Un moinent, calmez*Yous. Son état n'est plus si pressant. Moi qui étais dehors , grand Dieu !

Je suis rentré bien à propos ! Elle m'avait

' fort e£Erayé l Allons , Madame , du courage I

La Comtesse pnVznr, renversée.

Dieu de bouté ! fiais que je meure !

Léon en P asseyant mieux.

Tfon, maman, vous ne mourrez pas,' et nous réparerons nos torts. Monsieur ! vous que je n'outragerai plus en vous donnant un autre nom , îeprenèz vos titres , vos biens ; je n'y avais nul

droit : hélas ! je Tignorais. Mais, par pi tir, n'é point d'un déshoDoeur public cette infortuuée^

fut TOtre Une erreur expiée par tîngt annr «

de larmes , esl-cUe encore uxf crime , alors i|b*m fait justice ? Ma mère et moi , nous notxs kaenissons de chez tous.

Lb Comte exalté.

Jamais ! Vous n'en sortirez poini*

Un couvent sera sa retraite ; et moi , am mon nom de Léon , sous le simple habit d*i« soldat , je défendrai la liberté de notre noorcDe patrie. Inconnu , je mourrai pour elle , oa je U servirai en zélé citoyen.

( Suzanne pleure dans un coin ; Figaro est absorbé dans P autre. )

La Comtesse péniblemi^u.

Léon ! mon cher enfant I ton courage me rend la vie ! Je puis encore la supporter, puisque in.a fils a la vertu de ne pas détester sa mère. Cet^ fierté dans le malheur sera ton noble putrimoi^e. Il m'épousa sans biens ; n'eiigeona rien de lu . Le travail de mes maius soutiendra ou ^W existence ; et toi ^ tu serviras TÉtat*

Le Comte avec désespoir.

Non p Rosine I jamais. C'est moi qoi sob le

Trai coupable ! De combien de vertus je privais ma triste vieillesse !...*•

La Comtesse.

Vous en serez envelop^. — Florestine et Bégearss vous restent. Floresta, voire fille, Tenfane cbéri de votre cœur !

Le Comte étonné.

Comment ? d'où savez-vous ?»••• qui vous

Ta dit?

La Comtesse.

Monsieur, donnez* lui tous vos biens; mon fils et moi n'y mettons point d'obstacle; son bonbeur nous consolera. Mais, avant de nous séparer, que j*obtienne au moins une grâce! Apprenez - moi comment vous êtes possesseur d*une terrible lettre que je croyais brûlée avec les autres? Quélqu^ua m'a*t»il trahie?

Figaro décriant.

Oui ! Tinûme Bégearss : je l'ai surpris tantôt qui la remettait à Monsieur.

Le Comte pariant vite.

Non, je la dois au seul hasard. Ce matin , lui et moi, pour un tout autre objet, nous examinions votre écrin, sans nous douter qu'il eût un double fond. Dans le débat, et sous ^es

46o LA MÈRE COUPABLE»

doigts , le secret s'est ouTOt saudain , à um très-grand étonnement. Il a cm le coffre brise !

Figaro criant plus fort.

Son étonnement d\ui secret? Monstre! C*rs: lui ^ui Ta fait £iire !

L B Comte.

Est-il possible ?

La Comtbss^

Il est trop vrai !

Des papiers frappent nos regards ; il en icoorait Fexistence ; et , quand j'ai voulu les lui lire , il a refusé de les voir.

S c z A N N E décriant.

11 les a lus cent fois avec Madame !

Le Comte.

Est-il vrai? Les connaissait-il?

La Comtesse*

Ce fut lui qui me les remit , qui les apporu de Tarmée ^ lorsqu'un infortuné mourut.

Le Comte.

Cet ami sûr , instruit de tout ?

Fio ARO , La Comtesse , Suzanne , ensemble ,

criant.

C'est lui !

O scélératesse infernale ! Avec quel art il m'avait engagé ! A présent je sais tout.

Vous le croyez !

Le Comte.

Je connais son a£Breux projet. Mais , pour en

être plus certain , déchirons le Toile en entier.

Par qui save^-Tous donc ce qui touche ma Flo-

restine?

La Comtesse vitc^

Lui seul mi'en a &it confidence.

Léon mte.

Il me Fa dit sous le secret.

Suzanne vite^

\\ me Fa dit aussi. .

Le Comte ai^ec horreur.

O monstre \ Et moi j'allais la lui donner I mettre ma fortune en ses mains !

FiGAjio viyement.

Plus d'un tiers y serait déjà^ si je n'avais porté.

46a LA HÈRE COUPABLE,

sans vous le dire, vos trois millions d'or en dépôt chez M. Fal : vous alliez Ten rendre le maître, heureusement je m'en suis douté. Je TOUS ai donné son reçu.

Le Comte viyenteni.

Le scélérat vient de me Tcnlerer pour cb aller toilcher la somme*

FiCAEO désolé.

O proscription snr moi I Si rai^gent est ttamm , tout ce que j'ai £ùl est perdu 1 Je coom cèes M« Fal. Dieu Teoille qu'il ne soit pat crap lud !

Le Cohte à Figaro.

Le traître n'y peut être encore.

S'il a perdu im temps, nous le tenon fw J> cours. (Jl veut sortir.)

Le Comte w*emcnt , Parréte.

Mais f Figaro ! que le fatal secret dont ce moment Tient de t'iustruire, reste ensereli dMs ton sein?

F I G ▲ a o aire une grande sensibilité. Mon maître ! il y a ringt ans qu'il est dans ce seinJa , et dix que je travaille à empêcher qn'oa monstre n*en abuse ! Attendez surtout mon re* tour, avant de prendre aucun parti.

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