‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 234 sur 267 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ARTHENÉE, ATAR. Tout le monde séUng^

du roi.

AaTHENEE s'avance.

JjES sauvages d'an autre monde Menacent d^envahir ces lieux ; Au loin déjà la foudre gronde :

Ton peuple superstitieux , Pressé comme les flots , inonde Le parvis sacre de nos dieux.

De vik brigands une poignée, Sortant d*une terre éloignée , Pourrait*elle envahir ces lieux?

Pontifp y votre âme étonnée...

Cependant y parles , Arthenée , Que dit Tinterprète des dieux 7

AxTtfEv^E, "vhfement.

Qu*il faut combattre »

(^u*ii faut abattre l a ennemi présomptueux :

Le sol aride

I''' la Torride A oiU iu: son sang odieui^

Par des mesures

Promptes et sûres , Que Tarmëe ait* un coimnandaut ,

Vaillant , fidèle ,

Rempli de zèle :

Mais j sur ce devoir important ,

Que le caprice

De ta mQice Ne règle point le choix d'Atar :

Que le murmure y

Comme une injure, Soit puni d'un coup de poignard.

Apprends-moi donc, ô chef des Brames !

Ce qu^Atar doit penser de toi.

Ardent zëlateur de la foi

Du passage éternel des imes !

Le plus vil animal est nourri de ta main ,

Tu craindrais d*en purger la terre I Et cependant tu brûles , dans la guerre , De Toir couler des flots de sang humain !

A a T H c NE E.

Ah ! d*une antique absurdité , Laissons à Flndou les chimères.

Brame et Soudan doivent, en frères , Soutenir leur autorité.

Tant qu'Os s'accordent bien ensemble , Que l'esclave ainâ garrotté ,

Souffre , obéit , et croit , et tremUe , Le pouvoir est en ràrelë.

Dans ta politique nouvelle , Comment mes intéréu sont-ik unb aux dcns?

AaTBEHÉE.

Ah ! si ta couronne chancelle , Mon temple , ji moi , tombe avec die.

Atar , ces farouches Chrétiens Auront des dieux jaloux des miens :

'Ainsi qu*au trône, tout partage , En fait de culte, est un outrage.

Pour les domter, fais que nos Indiens Pensent que le ciel même a conduit nos mesures Le nom du chef , dont nous serons d'accord » Je Tinsinue aux enfants des augures.

Qui Teux-tu nommer?

Altamort.

Aetbbhsb.

Mon fils!

^acquitte un grand serTÎce.

AaTREVCS.

Que devient Tarare?

Il est mon.

Âatbehee.

Il est mort !

il T ▲ R.

Oui I demain , j'ordonne qu'il périsse.

Juste ciel! crains Atar

Quoi craindre 7 mes remords ?

Arthevee.

Crains de payer de ta couronne Un attentat sur sa personne.

Ses soldats seraient les plus forts.

Si y sur un prétexte frivole, Tu les prives de leur idole , Cette milice en sa fureur Peut 9 oubliant ton rang et ta naissance.....

Atar.

J^ai tout prévu; Tarare dans l'erreur , Court à sa perte en cherchant la vengeance. Qu'une grande solemnité Rassemble ce peuple agité; De ses cris et de ses murmures Montre-lui le ciel irrité.

Prépare ensuite les augures; Et par d'utiles impostures Consacrons notre autorité.

{Il sort.}

SSa TARARE,

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