‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 89 sur 267 · SUZANNE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

SUZANNE, LA COMTESSE

La Comtesse.

iVs-Tu ce qu'il nous faut pour troquer de

Tétement ?

Il ne Ssmi rien^ Madame; le rendez-vous né

tiendra pas. . ,

LaCoMT£8S£.

AI^I TOUS changez d'avis?

S tr^z A K ir E.

C'est Figaro*

La Comtesse.

Vous me trompez.

Suzanne.

Bonté divine I

Figaro n'est pas homme à laisser échapper une dot.

a5d LE MABUGE DE FIGARO,

Madame! eh que croyes-vous donc?

La Comtbssb.

Qu'eofiii » d'accord ^vcc le comte , U to .« fâche à présent de m'avoir coufié ses projets. Je TOUS sais par cœur. Laissez-moi,

( Elle veui sortir. )

Se z A N h E se jette à genoux.

Au nom du cieJ espoir de tous ! vous ne saTfz pas y Madame 9 le mal que vous faites à Suzanni ! » après vos bontés continuelles et la dot quevou^ me donnez !•••••

La Comtesse la relèx^e.

Hé mais..... je ne sais ce que je dis! en ir.'' cédant ta place au jardin» tu n'y Tas pas, ni<>. cœur f tu tiens parole à ton mari ; tu m*4Îdo ^ ramener le mieu.

Comme tous m'avez aflligéo !

La' Comtesse*

C'est que je ne suis qu'une étourdie; [ette U baise au front) oii est too rendez-vous?

S c z A ^ A e lui baise ta main*

Le mot de )ardiu m'a seul frappée.

La CQurv^s$%, moritrtmt là table.

Prends cette plume ^ et fixons un endroit.

Suzanne.

Lui écrire !

La Comtesse.

> Il le faut.

Suzanne.

Madame ! au moins c'est tous.....

La Comtesse.

Je mets tout sur mon compte. {Suzanne s'assied y la Comtesse dicter)

Chanson nouvelle^ sur l'air: Qu'il fera

beau, ce soir,. sous les grands marohniers :.... Qull fera beau ce soir

Suzanne écrit.

Sous les grands iparonuiers.*..;. après?

La Comtesse.

Crains-tu qu'il ne t'eatende pas ?

Suzil«N£ relit.

C'est juste. {Elle plie le billet.) Kset quoi

cacheter ?

La Comtesse.

Une épingle, dépêche : die servira de ré-

a4o LE MARIAGE DE HCARO,

poDse. Écris sur le revers : renwjret-^noi k cachet*

SczAiiNK écrit en riant*

Ah! le cachetl...: celui-ci ^ IVIadame» est plus gai que celui du brereU

La Covtesse^ avec un soutenir douiourtux.

Ah!

SczANKE cherche sur elle.

Je n'ai pas d'épingle ^ présent!

La Comtesse détache sa lévite.

Prends celle-ci. ( Le ruban du page U>m6e de son sein à terre*) Ah mon ruban !

SoEANNE le ramasse*

C'est celui du petit voleur ! tous avei eu b cruauté ?•••••

La Covtesse.

Fallait-il le laisser à son bras? c'eût été joli, donnez donc ?

Madame ne le portera plus, taché du sang de ce jeune honmie.

La Comtesse le reprend.

Excellent pour Fanchette..«.. le premier bon* quet qu'elle m'apportera.

isa:

se È N E I V.

UNE JEUNE BERGÈRE, CHÉRUBIN en fille. FANCHETTE et beaucoup de jeunes filles habillées comme elles ^ et tenant des bouquets.

LA COMTESSE, SUZANNE

Fanchette*

IVIadame, ce sont les filles du bourg qui Tiennent vous présenter des fleurs.

La Comtesse ^ serrant vite son ruban.

Elles sont charmantes : je me reproche , mes belles petites, de ne pas tous connaître toutes. {^Montrant Chérubin.) Quelle est cet aimable enfant qui a Fair si modesie?

Uifs Bergère.

C'est une cousine à moi , Madame | qui n'est ici que pour la noce.

La Coxtesss.

Elle est jolie* Ne pouvant porter yingt bouquets, fesons honneur à l'étrangère* {EUe prend Thédtre. IL 16

242 LE MARIAGE DE nCARO,

ie bouquet de Chérubin et le baise aufronL ] Elle en rougit ! ( à Suzanne^) ne trouYes-tu pas , Suzon qu'elle ressemble k quelqu'un?

A s'y méprendre p en Yerité* Chérubin à partp les mains sur son

Ah ! Ce baiser4k m'a été bien loin I

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