‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 93 sur 267 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LE COMTE, LA COMTESSE, assise ton joue les folies d^ Espagne d^un moavememi de marche. ( Simphonie notée. )

Marche.

Les Gardes-Chasse , fuùl mut Fipaate.

L'Alcuaeiu Les Pruo'hoemes, Baio'oisosi.

Lbs Paysans bt les Paysannes en habits de fête.

Deux jaunes Fillbs portant la toque virgi^ nale à plumes blanches.

Deux autres ^ le voile blanc.

Deux autres , les gants et le bouquet de côté.

Antonio donne la main à Suzanne, comme étant celui qui la marie à Figaro.

D'autres ieunes Filles portent une autre toque y un autre voile y un autre bouquet blanc y semblables aux premiers y pour Marceline.

Figaro donne la main à Marceline^ comme celui qui doit la remettre au Docteur, lequel ferme la marche y un gros bouquet au côté. Lee jeunes filles, en passant devant le Comte, remettent à ses valets tous les ajustements destinés à Suzanne et à Marceline.

Les Paysans et Paysannes s^étant rangés sur deux colonnes à chaque côté du salon y on danse une reprise du fendango ( air noté ) avec des castagnettes : puis on joue la ri* tournelle du duo y pendant laquelle Antonio conduit Suzanne au Comte; elle se met à genoux devant lui.

Pendant que le Comte lui pose la toque y le

voile y et lui donne le bouquet ^ deux femmu Jilles chantent le duo suivant. ( Air

Jeune Épouse , cliantec les bienfaits et Is gloire D'utuMaitre qui renonce aux droits qu'il eut sur Préférant an p!aii^ir la plus noble victoire. Il VOU& rend rlinsle et pure aux mains de Totre êpfKix

Suzanne est tt genoux^ et, pendant /#s iU'-niera vers du duo^ elle tire le ConUe p^' son manteau et lui montre le billet qu'es. tient : puis elle porte la 9nain q^elU a dm côiè des spectateurs j à sa téte^ ou /« ComU a Pair d* ajuster sa toque ; elle lui donne le billet.

Le Ci>^rfi le m*'t furtivement dans somsei'*^ on acheva de chanter le duo ; la fiancée < ' relève^ et lui fait une grande révérence.

Figaro vient la recevoir des mains du ComU et se retire avec elle y à Vautre côté du salon , près de Marceline.

{ On danse une autre reprise du fendamg » pendant ce temps.)

Lb Comte pressé de lire ce qu'il a re^u, s^avance au bord du théâtre et tire lepap^rr de son sein; mais en le sortant il fait le geste d'un homme qui s^est cruellemeut pi*^ u* le doigt} il le secoue p le presse, le suce y tt

regardant le papier cacheté (Tune épingle y il dit :

Le Comte.

Pendant qu'il parle , ainsi que Figaro y For-^ cheaire joue pianissimo. )

L/i ANTRE soit des femmes > qui fourentdes épingles partout! (iV la jette à terœ, puis il lit Je billet et le baise» )

Figaro qui a tout vu y dit à sa mère et à

Suzanne :

C'est un billet doux , qu'une fillette aura glissé dans sa main en passant. Il était cacheté d'une épingle y qui l'a outrageusement piqué.

La danse reprend : le Comte qui a lu le billet le retourne y il y voit V invitation de renvoyer le cachet pour réponse. Il cherche à terre , et retrouve enfin F épingle y qu^il attache d sa manche.

Figaro^ d Suzanne et Marceline.

D'un objet aimé tout est cher. Le voilà qui ramasse l'épingle. Ah^ c^est ime drôle de tête!

Pendant ce temps, Suzanne a des signes d'intelligence avec la Comtesse. La danse finit y la ritournelle du duo recommence..

254 ^^ MARUGE DE FIGARO,

FiGABo conduit Marceline au Gnote, qu'on a conduit Suxanne } à Pinsiani aà k Comte prend la toque ^ et où ton va chamiêt le duo^ on est interrompu par les cru huipantê :

l'H uissiBHy criant à la portm.

Arréiez donc. Messieurs, tous ne poorret entrer tous..... Ici les gardes , les gardes! {Les gardes vont vite à cette porte* )

Lb Comtb, se lepont.

Qu'est-ce qu'il y a ?

l'Huissibb.

Monseigneur 9 c'est monsieur Basile entoanè d'un village entier, parce qu^il chante en laarchant.

Qu'il entre seul.

La Comtbssb.

Ordonnez*moi de me retirer.

Je n'oublie pas Totre complaisance.

La Coxtbsse* Susanne ?..... elle reriendra. ( ji pan à Su-

sumne. ) Allons changer d'habits. (Elle sort at^ec Suzannemy

Marceline*

U n'arrive jamais que pour nuire.

Figaro.

Ah ! je m'en vais vous le £aiire déchanter.

TOUS LES ACTEURS PRÉCÉDENTS , €a>^ cepié la Comtesse et Suzanne; BAZILE tenant sa guitare; GRIPE-SOLEIL.

B 4 z I L B entre en chantant sur Pair du Vau* deville de la fin. ( Air noté. )

c Coeurs sensibles , cœurs fidèles , » Qai blâmez l'amour léger; j» Cesser vos plaistes cruelles , » Est-ce un crime de cbanger?

» Si Tamour porte des ailes y » N'est-ce pas pour voltiger?

» N'estp-ce pas pour voltiger?

» N'est*H:e pas pour voltiger 7 D

Figaro s^apance d lui. Oui y c'est pour cela justement qu'il a des

a56 LE MARIAGE DE HCARO,

aOes au dos ; notre ami , qu'enteDdea-TOsa pv cette musique?

B A a I L Ey montrant GripeSolmii.

Qu'après aToir prouvé mon obéissance à 3Iaiiseigneur, en amusant Monsieur, qui est de u compagnie, )e pourrai à mon tour, réclanaer a justice.

G ni F B -SOLBI L.

Bah I Monseigneu I il ne m'a pas amiise du tout, avec leux guenilles d*ariettes..«-

Enfin que demandes-TOos, Baiile?

Ce qui m'appartient. Monseigneur, la naia de Marceline ; et je viens m'opposer.-.*

Figaro s* approche.

Y a-t*il long-temps que Monsietur n'a vu b figure d'un fou ?

Monsîettr, en ce moment même.

Puisque mes yeux tous serrent si bien àt miroir, étudiei-y l'tOet de ma prédictkMu S«

TOUS faites mîac seulement d'approximer Ma-« dame-****

Bartholo en riante

£h pourquoi? laisse le parler*

Brid' OISON s'avance entre deux*

Fau-aut-il que deux amis ?..«

F I G A R o« Nous amis I

Quelle erreur !

Figaro^ vite.

Parce qu'il fait de plats airs de cliapelle?

B A z I li s ^ vite* Et lui , des vers comme uu purnal ?

Figaro^ vite.

Un musicien de guinguette I

B A z I L E , vite* Un postillon de gazette !

Figaro, vite* Cuistre d'oratorio !

B AZiL E, vite*

Jockey diplomatique I

Théâtre. IL 17

a5S LE MARIAGE DE nCARO,

Lb ComtB| assis.

Insolents tous les deux !

Il me manque en toute occasion.

Figaro.

C'est bien dit; si cela se pouTait!

Disant partout que je ne suis qu'un sol*

Vous me prenes donc pour un écho ?

Tandis qu'il n^est pas un chanteur que mo^ talent n'ait fail briller.

Figaro.

Brailler.

Il le répète!

Figaro.

Et pourquoi non ; si cela est Trai 7 et-tu on prince, pour qu'on te flagorne? soufire b Tcrtu* » coquin ! puisque tu n*as pas de quoi gratifier ua menteur : ou si lu la craius de notre part» pourquoi viens-tu troubler nos noces ?

A C T E I V. aSg

Bazilb^ à Marceline^

M'avez -vous promis^ oui ou non; si dans quatre ans, tous n'étiez pas pourvue, de me donner la préférence ?

Marceline* K quelle condition Fai-je prooûs ?

Que si vous retrouviez un certain fils perdu , je l'adopterais par complaisance.

Tous BNSXKBLB.

Il est trouvé*

Qu'à cela ne tienne ?

Tous ensemble y montrant Fîgarù^

Et le voici*

Bazilb, reculant de frayeur.

J'ai vu le diable I

Brid^oison, â Bazile.

Et vou-ous renoncez à sa chère mèrel

Bazile.

Qu'y aurait-il de plus Ê^cheux que d'être cru le père d'un garnement?

aCo LE MARIAGE DE nCARO,

D^cu êire cru le fils ; tu te moques de moi !

B A z I L E, montrant Figaro.

Dès que Monsieur est de quelque chose te: ; je déclare moi, que je n y suis plus de rien.

(// sort.)

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