‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 113 sur 199 · SAI^*T-ALBAN · texte numérisé non relu

SAI^*T-ALBAN

Vous payez les cinq cent mille francs?

Cent mille écus que j'emprunte ^ le reste à

moi; le tout en un mandat sur mon correspondant de Paris ^ payable à Totre arrivée.

Saint-Alban, à part.

Le mariage. est certain^ on ne fait pas de tels

sacrifices (Haut.) J'admire votre générosiié.

Je recevrai la somme que vous ofTrez; mais

je ne puis me dispenser de rendre compte

Au E h L Y.

Quelle nécessité ?

Saint-Alban.

Ce que vous faites pour Mélac , ne le lave pas de Tabus de confiance dont il s'est rendu coupable.

Lorsqu'on ne vous fait rien perdre?

Saint-Alban»

La même chose peut arriver eocore , et vous ne serez pas toujours d'humeur

En ce cas , Monsieur je reprends ma parole : c'est^son honneur seul qui me touche ; et, si je ne le sauve pas en acquittant sa dette, il est inutile que je me dépouille gratuitement.

Saint-Alban.

Vous désapprouves; ma conduite ?

3o4 LES DEUX AMIS,

Je n'entends rien à votre politique. Que Mélac soit coupable de mauvaise foi y ou seulement d'imprudence , en rejetant mes conditions , vous risquez......

Saint-Alban.

Je ne les rejeté pas ; mais il faut m^expliquer.

J'écoute.

Saint-Alban»

Vous voulez sa grâce entière ?

Sans restriction.

Saint-Albajpt.

J'irai > pour vous obliger , jusqu'au dernier terme de mon pouvoir.

Quelle étendue y donnez- vous ?

Saint-Alban-

Celle que vous y donneriez vous-même. Vous n'exigez pas que je sauve sa réputation aux dépens de mon honneur ?

Il j aurait encore plus d'absurdité que d^hijtis-* tice à le proposer.

Les iptéréts de la compagnie k couvert par Tos offres , on peut faire grâce à Tofre homme de Topprobre qu'il a mérité } mais \e deyieodraia coupable , si je lui confiais plus long-wmpi une recette. . • : * .

A V n z i, h Xà

Vous lui ôtez sa place I

Saint-Alban* La lui laisseriez-TOus ?

A C R E L L Té

Ah ! Monsieur , je vous prie* • • é

Saint-Albak.

Faites un pas de plus.

A u n E t £• Tf

Comment ?

Saint-Albai^.

Vous avez de Thonnëur : osez me le conseiller^ {^Aurelly baisse la tête sans répondre. ) J'espère que TOUS distinguerez ce que je puis accc»rder ^ et

Théâtre. I. ao

3o6 LES DEUX AMIS,

ce que le devoir m'iDterdit; j'accepte Fargent; je me tairai : mais j'exige qu'il se défasse , à l'instant^ de son emploi^ sous le prétexte qu'il voudra.

l'avoué qu'il n'est pas digne de le garder ;' mais f on fils ? cette survivance 7 tant de démarches pour l'obtenir? . .

Saint-Alban.

4on fils I qui lïous en répondrait ?

Moi.

Saint-Alban*

C'est beaucoup faire pour eux.

J'ai vingt moyens de m'assurer de lui.

Saint-Alban rêvant.

J'avoue que. ... je. . . . je n'ai point d'objection personnelle contre le jeune homme: et^ dans le dessein où je suis de vous demauder une grâce pour moi-même. • . •

Je pourrais vous obliger ?

A C T E I V. 3oy

S ji int-Alb AIU

Sur ua point de la plus hauie linportauce.

A u -R £ L L r 'vwejhent.

Teuez^moî pour déshonoré , si je vous refuse*

Saïnt-Alban.

Puisque vous m'encouragez , je vais parler. Vous eoimaissez ma fortune ^ mes mœurs ; vous avez ime nièce adorable ; elle m'a cbaimé ; je Faime , et je vous demande sa main ^ comme la plus précieuse faveur. • « •

A c R E 1. L Y stupéfait.

Vous me demandez. • . . ma Pauline.

Saikt-Alban.

Auriez-vous pris des engagements ?

AuRELiv embarrassé.

En vérité > té n'est pas (ieïa ; *mals si vous la connaissiez mieux: 1 . .'

Sa înt- Alb ai^*

Je l'ai plus étudiée que vous ne pensez.

Cette en£int n'a pas de fortune.

Saint-Alban.

Sur un mérite comme le sien ^ c'est une différence imperceptible.

ao<

3o8 LES DEUX ATAIS,

AtTRBLLT, à part.

Comment sortir de ce nouTel eaàMiM I

S AI NT-* A LB Aie

Vous m^ayez flatté que je ne scsçaû point rejeté.

Monsieur I • • • • vous n'êtes pas Eût pour Fétre*..*

Sa I N t-Alban*

£t.cependant.».«

AuRELLT embarrassé.

Soyez certain qu'elle est trop honorée dç votre recherche ; et que Tobstacle ne viendra pas de ma part* Mais* . • •

Vous me la refusez ?

Croyez que. • . , Avant de voua répondre y il faut que je prévienne ma nièce*

Saint-Alban*

Souvenez-vous y Monsieur ^ que vous n'ai^t z point d'engagement.

Et l'affaire de Mélac ?

Saint-Alban.

Ce soir ^ noué en terminerons deux à la fois^

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