‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 185 sur 199 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

Les ACTEURS PRÉCÉDENTS, DON BAZILE.

Rosine effrayée. {A part)

UoN Bdzîle!

Le Comte ^ part.

Juste ciel !

F I G A & o d part.

C*est le diable !

Bartholo va au-devant de lui.

Ah! Bazile^ mon ami^ soyez le bien rétabli* Votre accident n^a donc point eu de suites? En vérité le seigneur Alonzo m'avait fort effrayé sur votre ptat; demandez-lui ^ je partais pour vous aller voir, et s*il ne m^avait point retenu....»

B A z iXi B étonné.

Le seigneur Alonzo ?....t

Figaro frappe du pied.

Et quoi! toujours des accrocs? Deux heures

pQur une méchante barbe...* Chienne de pratique !

B A z I L £ regardant tout le monde.

Me ferez-Yous bipn le plaisir de me dire.

Messieurs?

Vous lui parlerez quand je éërai parti.

Mais encore faudrait-il

Le Comte.

Il faudrait vous taire, Bazilc. Croyez -tous apprendre à Monsieur quelque chose qu^il ignore ? Je lui ai raconté que tous m'aviez chargé de venir donner une leçon de musique à voire place.

B A z I L E plus étonné.

La leçon de musique ! Alonzo !

Rosine à part à Bazile.

Eh! taisez* vous.

Elle aussi!

Le C d tf t s bas à Bartholè.

Dites-lui donc tout bas que nous en sommes convenuSf

522 LE BARBIER DE SÉVILLE, Bartholo à Bazile à part.

N'allez pas nous démentir , Bazile, en disant qu'il n'est pas votre élève , vous gâteriez tout.

Bazile.

Ah! ah!

Bartholo haut.

En vérité y Bazile, on n'a pas plus de talent que votre élève.

B A z I L B stupéfait.

Que mon élève! {Bas.) Je venais pour

vous dire que le Comte est déménagé.

Bartholo bas.

Je le sais , taisez-vous.

Bazile bas.

Qui vous l'a dit?

Bartholo bas.

Lui^ apparemment!^

Le Comte bas.

Moi y sans doute : écoutez seulement.

Rosine bas à Bazile.

Est-il si difficile de vous taire ?

Figaro bas à Bazile.

Hum! Grand escogrif ! Il est sourd!

B A z I L E à part.

Qui diable est-ce donc qu'on trompe ici?

Tout le monde est dans le secret!

Bartholo haut.

* Eh'bien y Bazile , votre homme de loi ? «••

Vous avez toute la soirée pour parler de l'homme de loi*

Bartholo à Bazile.

Un mot; dites-moi seulement ^i vous êtes content de Fhomme de loi ?

Basile ^ De lliomme de loi ?

L B Comte souriant.

V^us ne l'avez pas vu, Thomme de loi?

Bazile impatienté.

Et ! non , je ne Tai pas vu , Thomme de loi.

LsCoMTEa Bartholo à part.

Voulez-vous donc qu'il s'explique ici devant elle ? Renvoyez-le.

Bartholo bas au Comte.

Vous avez raison. ( A Bazile. ) Mais quel mat vous a donc pris si subitement?

B A z I L E en €iolà^e.

: Je ne vous entends pas.

Le Covlt'e lui met à part tine bourse dans

la main»

Oui : Monsieur vous demaDode ce que vous

verlr?; faire ici, dans Télat d^indisposition où

vous êtes ?

Il est pâle comme un mort !

Ah! je comprends

Le Comte.

Allez vous coucher , mon cher Bazile : tous n'êtes pas bien, et vous nous faites mourir de frayeur. Allez vous coucher.

F I G A nV

Il a la physionomie toute renversée. Allez vous coucher.

Bartholo.

D^honneur, il sent la fièvre d'une lieue. Allez vous coucher.

Pourquoi donc êtes-vous sorti? Oft dit que cela se gagne. Allez vous coucher.

B A z I L £ au dernier étonnement.

Que j^aille me coucher.

Tous L£6 Acteurs ensemblU.

Eh i saas doute.

B A z I ^ E les regardant tous.

En efiety Messieurs^ je crois que je ne ferai pas mal de me retirer; je sens que je ne suis pas ici dans mon assiète ordinaire.

A demain 9 toujours : si vous êtes mieux.

Le C o m t e« Bazile , je serai chez vous de très-bonne heure.

Figaro.

Croyez-moi , tenez-vous bien chaudement dans votre lit.

Rosine.

Bonsoir^ anonsieur Bazile.

B A z I L E £J part.

Diable emporte si j'y comprends rien ! et sans cette bourse

Tous.

Bonsoir^ Bazile^ bonsoir.

B A z I L E en ê^en allant. .

Eh bien ! bonsoir doue , bonsoir.

{ Ifs P accompagnent tous en riant. ).

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