SCÈNE XL
Les ACTEURS PRÉCÉDENTS, DON BAZILE.
Rosine effrayée. {A part)
UoN Bdzîle!
Le Comte ^ part.
Juste ciel !
F I G A & o d part.
C*est le diable !
Bartholo va au-devant de lui.
Ah! Bazile^ mon ami^ soyez le bien rétabli* Votre accident n^a donc point eu de suites? En vérité le seigneur Alonzo m'avait fort effrayé sur votre ptat; demandez-lui ^ je partais pour vous aller voir, et s*il ne m^avait point retenu....»
B A z iXi B étonné.
Le seigneur Alonzo ?....t
Figaro frappe du pied.
Et quoi! toujours des accrocs? Deux heures
pQur une méchante barbe...* Chienne de pratique !
B A z I L £ regardant tout le monde.
Me ferez-Yous bipn le plaisir de me dire.
Messieurs?
Vous lui parlerez quand je éërai parti.
Mais encore faudrait-il
Le Comte.
Il faudrait vous taire, Bazilc. Croyez -tous apprendre à Monsieur quelque chose qu^il ignore ? Je lui ai raconté que tous m'aviez chargé de venir donner une leçon de musique à voire place.
B A z I L E plus étonné.
La leçon de musique ! Alonzo !
Rosine à part à Bazile.
Eh! taisez* vous.
Elle aussi!
Le C d tf t s bas à Bartholè.
Dites-lui donc tout bas que nous en sommes convenuSf
522 LE BARBIER DE SÉVILLE, Bartholo à Bazile à part.
N'allez pas nous démentir , Bazile, en disant qu'il n'est pas votre élève , vous gâteriez tout.
Bazile.
Ah! ah!
Bartholo haut.
En vérité y Bazile, on n'a pas plus de talent que votre élève.
B A z I L B stupéfait.
Que mon élève! {Bas.) Je venais pour
vous dire que le Comte est déménagé.
Bartholo bas.
Je le sais , taisez-vous.
Bazile bas.
Qui vous l'a dit?
Bartholo bas.
Lui^ apparemment!^
Le Comte bas.
Moi y sans doute : écoutez seulement.
Rosine bas à Bazile.
Est-il si difficile de vous taire ?
Figaro bas à Bazile.
Hum! Grand escogrif ! Il est sourd!
B A z I L E à part.
Qui diable est-ce donc qu'on trompe ici?
Tout le monde est dans le secret!
Bartholo haut.
* Eh'bien y Bazile , votre homme de loi ? «••
Vous avez toute la soirée pour parler de l'homme de loi*
Bartholo à Bazile.
Un mot; dites-moi seulement ^i vous êtes content de Fhomme de loi ?
Basile ^ De lliomme de loi ?
L B Comte souriant.
V^us ne l'avez pas vu, Thomme de loi?
Bazile impatienté.
Et ! non , je ne Tai pas vu , Thomme de loi.
LsCoMTEa Bartholo à part.
Voulez-vous donc qu'il s'explique ici devant elle ? Renvoyez-le.
Bartholo bas au Comte.
Vous avez raison. ( A Bazile. ) Mais quel mat vous a donc pris si subitement?
B A z I L E en €iolà^e.
: Je ne vous entends pas.
Le Covlt'e lui met à part tine bourse dans
la main»
Oui : Monsieur vous demaDode ce que vous
verlr?; faire ici, dans Télat d^indisposition où
vous êtes ?
Il est pâle comme un mort !
Ah! je comprends
Le Comte.
Allez vous coucher , mon cher Bazile : tous n'êtes pas bien, et vous nous faites mourir de frayeur. Allez vous coucher.
F I G A nV
Il a la physionomie toute renversée. Allez vous coucher.
Bartholo.
D^honneur, il sent la fièvre d'une lieue. Allez vous coucher.
Pourquoi donc êtes-vous sorti? Oft dit que cela se gagne. Allez vous coucher.
B A z I L £ au dernier étonnement.
Que j^aille me coucher.
Tous L£6 Acteurs ensemblU.
Eh i saas doute.
B A z I ^ E les regardant tous.
En efiety Messieurs^ je crois que je ne ferai pas mal de me retirer; je sens que je ne suis pas ici dans mon assiète ordinaire.
A demain 9 toujours : si vous êtes mieux.
Le C o m t e« Bazile , je serai chez vous de très-bonne heure.
Figaro.
Croyez-moi , tenez-vous bien chaudement dans votre lit.
Rosine.
Bonsoir^ anonsieur Bazile.
B A z I L E £J part.
Diable emporte si j'y comprends rien ! et sans cette bourse
Tous.
Bonsoir^ Bazile^ bonsoir.
B A z I L E en ê^en allant. .
Eh bien ! bonsoir doue , bonsoir.
{ Ifs P accompagnent tous en riant. ).