‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 190 sur 199 · ACTE rV · texte numérisé non relu

ACTE rV

Vous aviez l'air d'accord; je n'y entendais rien; et dans les cas difficiles à juger ^ une bourse d'or me parait toujours un argument sans réplique. Et puis, comme dit le proverbe, ce qui est bon

à prendre

Bartholo.

J'entends ;i est bon.....

A garder.

B A R T H G t o surpris^ Ab!ah!

* Basile.

Oui , j'ai arrangé coAime cela plusieurs petits proverbes avec des variations. Mais, allons au fait, à quoi vous arrêtez- vous ?

Bartholo.

£n ma place , Bazilç ^ ne feriez-vous gas les derniers efforts pour la posséder ?

Ma foi non, Docteur. En toute espèce de biens, posséder est peu de chose; c'est jouir qui rend heureux : mon aTÎs est, qu'épouser une femme dont on a'est point aimé, c'est s'exposer....^

Vous craindriez les accideats?

Hé hé, Monsieur..»., on en voit beaucoup cette année. Je ne ferais point violence à soa cœur. , .

Votre valet, Bazile. Il vaut mieux qu'elle pleure de m'avoîr, que moi je meure de ne Tavoirjpas.

Bazile.

Il y va de la vie? Epousez, docteur^ épousez.

' Aussi ferai-je , et cette nuit même.

Adieu donc. — Souvenez-vous , en parlant à la pupille^ de les rendre tous- plus noirs qiie l'enfer.

Bartholo.

Vous avez raisoni

Bazile.

La calomnie 9 docteur^ la calomnie! Il faut toujours en venir-là.

Voici. la. Jettxe de Rofioe que cet AlonisQii&'a rei^ise> -et il m'a;mûntré^ sausi^le youloir, l\i3age que j'eu dois faire auprçs^ d'elle.^

Adieu : nous serons tous ici à quatre heures.

Bartholo.

Pourquoi pas plus tôt?

Impossible; le aotairé esoretenu^.

Pour \m mariage?

Oui, chez le bar^bier FîgaVo*; c'est sa nièce

qu'il xnarie*-

Bar tho l o.

Sa nièce ? Il n'en a pas. ! '^

B A z I I. fi,

Voijà ço qu'ils pnt dit au notaire^

Ce drôle est du complot ; que diable !

Est-ce que vous penseriez ?

556 LE BARflîER liE SÉVILLE,

B A A f li d L o.

Ma foi ces gédè^lk ^nt si aléttefe î "téAet, mon âQ)i f je de êuis pas tranquille. ReloUrnee chez le notaire. Qu'il Tleilne ici sur-le-chatrip avec

VOUSf

II pleut , il fait un temps du diable ; mais rien ne m'arrête pour vous servir. Que faites -vous donc?

Je vous reeonduis $ n'ont-ila pas fait estropier tout mon monde^ par ce Figaro l Je suis seul ici*

J'ai ma lântemei^

^autholo.

Tenez, Bazile, voilà mon passe -pânouti je vous attends^ je Veillfe; et Vieniietjui voudra, hors le notaire et vous , personne n'entrera dé la nuit*

B A fc t t B.

Avec ces précautions , vôus êtes éûr de votre fait.

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