‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 193 sur 199 · LE COMTE, ROSINE, FIGAJVO · texte numérisé non relu

LE COMTE, ROSINE, FIGAJVO

( Figaro allume toutes les bougies qui sont sur

la table.)

jux voici. — Ma belle Rosine !•«♦

Rosine d/un ton p^s^^composé.

Je commençais , Mossieur ^ à craindre que T0U5 ne Tinssiez pas.

Charmanle inquiétude !.^. Mademoiselle, il ne me convient point d'abuser des circonstances pour TOUS proposer de partager le son> d'un infortuné; mais quelqu'asjle que vous choisissiez^ je jure mon honneur...

Monsieur , si le don de ma main n'avait pas dû suivre à Tinsiant celui de mon cœur, vous ne seriez pas ici* Que la nécessité justifie à vos yeux ce que cette entrevue a d'irrégulier I

Le Comte.

Vous, Rosine! la compagne d'un malheureux! sans fortune, sans naissance !.-

Rosine.

La naissance, la fortune ! Laissons-lk les jeux du hasard, et si vous m'assurez que vos intentions sont pures—

Le Comte à ses pieds.* •

Ah ! Rosine ! je vous adore !...

Théâtre. I. 55

Rosine indignée*

Arrêtez, malheureux !••• vous osez profaner !••• tu m'adores !••• Va I tu n'es plus dangereux pour mol; j'attendais ce mot pour te détester. Mais avant de t'abandonner au remords qui t'attend , ( en pleurant) apprends que ]e t'aimais ; apprends que je fesais mon bonheur de partager ton mauvais sort» Misérable Lindor I j'allais tout quitter pour te suivre. Mais le lâche abus que tu as fait de mes bontés , et l'indignité de cet afifreux comte Almaviva^ a qui tu me vendais , ont fait rentrer dans mes mains ce témoignage de ma faiblesse* Connais-tu cette lettre?

Le Comte w^ement* Que votre tuteur vous a remise 7

Rosine fièrement.

Oui ^ je lui en ai l'obligation.

Le Comte.

Dieux, que je suis heureux 1 11 la tient <^e moi» Dans mon- embarras » hier , je m'en suis 6ervi pour arracher sa confiance ; et je n'ai pu trouver l'instant de vous en informer. Ah Rosine \ il esi donc vrai que vous m'aimez véritableicent I

Figaro.

Monseigneur y vous cherchiez une femme qui tQus aimât ppiu: vous-même.**

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