‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 26 sur 199 · SCENE V L · texte numérisé non relu

SCENE V L

Madame MURER, EUGÉNIE.

Eugénie ie regarde aller y et après un peu de silence y dit douloureusement :

Il s'en va.

Madame Murer.

Mais TOUS avez donc tout a coup perdu Tesprit ?

Eugénie.

Etre réduite à composer avec' son devoir ; n'oser regarder son père : voilà ma vie* Je suis confuse en sa présence ; sa bonté me pèse y sa confiande me fait rougir ^ et ses caresses m'humilient. Il est si accablant de recevoir des éloges ^ et de sentir qu'on ne les mérite pas I

Madame Murer.

Mais à Londres où le comte a tant de ménagements à garder! •••• d'ailleurs votre état ne rend pas encore cet aveu indispensable.

lOO 3E U G É N I E,

N'est-il pas plus aisé de préveDir un mal , que d'en arrêter les progrès ? Le temps fuit, Foccasion échappe ; les convenances diminuent; FemjDarrasde parler augmente^ et le malheur arrive.

Madame M tj a b r.

Votre époux est trop délicat pour tous exposer. .^

£ xj G iè N I « vivement.

N'avez-vous pas trouvé f comme moi , tm peu d^apprêt dans son air^ de recherche dans son langage ? cela me frappe à présent que j'y réfléchis. Cette touchante simplicité qu'il avait à la campagne ^ était bien préférable^

Madame M tr it b r.

Dès qu'il s'éloigne^ l'imaginatiod travaille.

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