ACTE III. x5i
genre de faoïte, doat la multiplicité seule £àît ^s délices ; fomentant de gaîté de cœur dans la famille d^autrui des désordres qui feraient son désespoir dans la sienne ; plein de mépris pour toutes les femmes^ parmi lesquelles il cherche ses yictimes > ou choisit les complices de ses dérèglements.
Madame M u r s k.
Mais vous conyiendrez que sa femme est au moins exceptée de ce mépris général ; et plus Yous reconnaissez de mérite à TOtre fille , plus elle est propre à le ramener.
Je TOUS remercie pour elle, ma sœur. Ainsi donc lel)onheur que tous hii avez ménagé^ est d'être attachée au sort d'un homme sans mineurs ; de partager les affections bannaks de son mari aTec TÎngt femmes méprisables* La voilà desti-^ née 9 en attendant mie réformatîoa iacertaine^ à répandre des larmes , dont il aura peut-être la bassesae de faire un triomphe à ses yeux ; la fille la pk» modeste est devenue TesclaTe d'un libertin , dont le cœur corrompu regarde comme un ridiculç la tendresse et la ^délité qu'il exige de sa femme. Je te croyais plus délicate^ flugénie.
Eugénie 9 du tondu ressentiment que le respect
réprime.
En vérité y Monsiieiir y je me flatte que jamais le modèle d'ua portrait aussi yil n'aurait été dangereux pour moi.
Madame Murek, apec impatience.
Mais c'est que le Oomte n'est point du tout l'homme que vous ^iépeignez. Peut-«trea-t-il, dans le feu de la première jeunesse j un peu trop négligé de faire parler avantageusement de ses mœurs; mais..».
L B Baron.
Et quel garant a pu vous donner pour l'avenir celui qui jusqu'à présent à méprisé la censure publique sur le point le plus important ?
Madame Murer.
Quel garant! Tout ce qui inspire la confiance^ cimente l'estime ^t augmente la bonne opinion ; la franchise de son caractère qui le rend supérieur au déguisement , même dans ce qui lui est contraire ; la noblesse de ses procédés avec ses inférieurs ; sa générosité pour ses domestiques y et la bonté de son cœur qui le porte à soulager tous les malheureux.
EUGÉNIE^ avec amour.
Ce n'est pas un ennemi de la vertu y je vous assure 9 mon père.
L fi Baron.
Voilà comme on érige tout en vertus dans ceux qu'on veiit défendre. Il est humain , il' est grand, généreux , obligeant : tout cela n'est-il pas bien méritoire ? Amenez-moi quelqu'un pour qui ces choaes-là ne soient pas un plaisir? Et qu'en voulez* vous, conclure ?
Madame Mures..
Qu'un Homme aussi noble y aussi Bienfaisant pour tout le monde > ne peut pas devenir injuste et cruel uniquement pour l'objet de son
amour.
Le Baron adouci.
Je le voudrais y mais..^
Ne lui fûtes pas , je vous prie y le tort d'en douter.
Lb Baron plus doucement.
Mon enfant^ Tâme d'un libertin est inexplicable ; mais tu te flaites en vain d'un chaugement de conduite. Les plaisanteries du Capitaine sur sa dernière aventure n'avaient pas rapport à des temps antérieurs à son mariage avec toi.
Madame Murer.
C'est où je vous attendais. Tout cet amer ba-
i34 EUGÉNIE,
dinage a porté sur yoire fille > dont runion mystérieuse a donné jour à mille fausses conjectures ; mais quand tous saurez qu'il Tadore.*..
Lb Baron hauêsimt les ipaulea*
Il l^adore ! c'est encore un de leurs termes , adoréri Toujours au-delà du vrai. Les honnêtes gens aiment leurs femmes ; ceux qui les trompent les adorent : mais les femmes veulent être adorées.
Vous penserez différemment, lorsque vous apprendrez qu'un gage de la plus parfaite union...
L B Baron.
Conmient ?
Madame Murer y du ton de quelqiûun qui croit
en dire assez :
Lorsqu'à vaut peu....
Le Baron à sa fille.
Bon ! Est-ce cpi'elle dit vrai ?
Eu où Vf JE fléchissant le genou.
^ Ah , mon père ! comblez par votre bénédiction le bonheur de votre fille.
Le Baron la relevant avec tendresse.
Réellement? Eh bien.... eh bien.... eh bien , mon enfant , puisque c'est ainsi , j'approuve
tout. (^A part. ) Aussi biea est-ce un mal sans remède* .
De quel poids mon cœur est soulagé I
Madame Murbr avec joith Miladj , embrassez voire père..
Lfi Baron baisant Eugénie.
La^se-là Milady ; sois toujours mon Eugénie.
(A^eçfeu.) Toute ïa ^ie , mon père. (Par eocclamation. ) Ah Milord , quel jour heureux pour nous I
Lb Baron, du ton d^un homme que ce mot de Milord ramène à d? autres idé^a.
Mais dites-moi donc un peu , fous autres : puik* qn^elle est la fçmme de ce Milord ^ que diable Teulent-4Is dire avec cet autrf mariage ? Car aussi on n^ comprend rjen.
Madame Murer.
Il vous Ta dit tantôt. pîsKU>u[r$ de Tale£S| bruks
populaires.
Eugénie.
J'en ai été troublée malgré moi..
C'est que cela n'est pas net, au raoki^
i36 EUGÉNIE,
Madame M v r b r.
Driuk est son homme de confiance : il n'y a qpi'à Tinterroger Tous-méme. (Elle sonne.)