‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 86 sur 119 · QUINZIESME OPUSCULE · texte numérisé non relu

QUINZIESME OPUSCULE

Nombre et rolle de mes nepveuXf petits^nep' veux y ou arriere-petits-nepueux à la mode de Bretagne, que moy Branthome je puis avoir, et que J'ay faict aujourd'hux, 5 novembre M, DC. IL

Premièrement, mes deux nepveux, mes sieurs le viscomtcs de Bourdeille et le baron Mathas, enfons de M. de Bourdeille mon frère aisné.

Messieurs de Sainct-Bonnet ^ et d'Amble^ ville 2, qui ont espousé mes deux niepces, Isabeau et Adriane de Bourdeille, filles de mondict sieur frère aisné, bien que je ne mette guieres en compte M. d'Ambleville , despuis que de gayeté de cœur, il s'est distraict de mon amytié, et sans subject.

M. d'Aubeterre , pour avoir espousé ma petite-niepce , fille de madame Renée de Bourdeille, ma niepce, dame d'Aubeterre, Taccomplie du monde.

Messieurs de la Chastaigneraye l'aisné , dîct M. d'Ardelay, le second M. de I^ Barde, le troisiesme M. le baron d'Ehoulmes, fils de feu

■ Léonard d*Escars, sieur de Sain t Bci i.c * Jussac d'Ainblerille.

M. de la Chasteigneraye, mon cousin germain à cause de ma mère , et messieurs de Gbalandray , de Boyrogue, de la maison d'Ârgenton , et le comte de Gbasteauroux ; ayant tous trois espousé les trois sœurs de leurs susdicts trois frères. Elles sont digues de leurs frères, et leurs frères dignes d'elles.

Ou maryage de madame Gbalandray , autrement madame de Fontaines , «mt sortis deux eofans, Tun le baron de Gbalandray j et Tautre le sieur de Beaumont.

Des autres deux filles n'est encor sorti de fils, pour n'avoir long - temps qu'elles sont maryées.

Du maryage de madame de Raiz , ma cousine germaine à cause de ma mère , et madame de Dampierre , sœurs , sont sortis le marquis de Bellisle, qui fut tué en ces guerres dernières , à une entreprise qu'il fit sur le mont de Sainct - Michel ; M. Tevesque de Paris; M. Fabbé de Sainct-AIbin , et M. de Dampierre, qui se nomme encor ainsy , bien que la place soit vendue : autres le nomment M. le gênerai des galleres , estât certes très-beau et trèsgrand.

Les filles de madicte dame de Raiz sont mesdames de Vassé , de Griq et de Raigny. Madiete dame la marquise de Magnelay est restée vefve du marquis son mary , luy estant demeurée une fille pour asseurée. Son petit frère estoit mort. Messieursde Vassé, de Griq et de Raigny vivent , qui peuvent avoir des enfans , et en auront , car elles sont fort jeunes.

De M. le marquis de Bellisle et sa femme, de la maison de Longueville, maintenant rednicte, par sa bonne volonté et dévotion , au monastère de Descalses, à Tolose , est resté un petit- fils qui promet beaucoup de luy, dict M. le marquis de Bellisle, comme le père.

M. le comte du Lude d'aujourd'huy est fils de ce brave messire Guy de Daiilon , duquel le père et ma mère estoient cousins germains , à cause de Louyse de Daiilon , dicte la seneschalle de Poictou; ma grand-mere , laquelle estoit tante propre de M. du Lude, cousin germain dejnadicte mère, comme j'ay dict. Dudict M. du Lude, Guy de Daiilon, et de madame

* Et Santray.

du Lude, de la maison de La Fayette, sont sortis M. du Lude d'aujourd'huy et trois filles : l'une, maryée avecques M. le comte de San cerre, et morte; l'autre avecques M. de La Guyche, et la troisiesme avecques M. du Gharlut, grand seigneur d'Auvergne , mon nepvea ainsy est doublement , comme je parleray ici en son lieu.

M. du Lude eut plusieurs fils et filles. Les fils sont messieurs des Gbastelliers , estaos d'église, deSarterre ^ et de Briançon , lesquels sont morts sans enfans. Les filles furent une madamoiselle du Lude, qui mourut fille è la cour; l'autre, madame la mareschalle de Matignon, de laquelle est sorti M. le comte de Torigny, maryé avecques une fille de Longueville; l'autre fille fut maryée avecques M. de RufFec, gouverneur d'Ângoulmois, desquels sont sortis messieursde Ruffec d'aujourd'huy, qui sont quatre enfans masles;la quatriesme fut maryée avecques M. de Malicorne , de laquelle n'a eu jamais d'enfans.

M. de Lauzun , de long-temps allié à nostre maison de Bourdeille à cause de ma grand* tante , sœur de mon grand-père , dicte Marguerite de Bourdeille, maryée en la maison de Lauzun, de laquelle sorti est feu M. de Lauzon, père de M. de Lauzun qui vit aujoard'huy , trèshonnorable seigneur, lequel se marya avecques Charlotte d'Eslissac, de la maison grande d'Estissac, de laquelle il eut deux fils, dont Tun, le puisné , est mort fort jeune , et Taisné, dict le comte de Lauzun, vit en très*belle réputation. De filles , il eut l'une , l'aisnée, maryée i M. de Fumel , mort en la battaille de Jamac , d'oà sont sorlis messieurs du Fumel d'aijuourd^buy, deux fort honnestes et jeunes gentilshommes ; la seconde avecques M. du Bourdez^ , d'où n'en sont sortis enfans ; et l'autre maryée avecques M. deGlermont de Lodeve, grand seigneur de Querci et de Languedoc. Faut noter que ces messieurs mes nep veux susdicts m'appartienneot doublement , tant à cause de leur père M. de Lauzun , que de la mère d'Estissac , d'autant que la mère de ladicte d'Estissac estoit de la maison du Lude, cousine germaine de ma mère , et niepce de madame la seneschalle de Poictou, ma grand-mere. Telle est doncques

* Charles Eiie de CoulopoK^i sieur du Bourdei.

OPUSCULES DIVERS

la grande alliance el proximité de la maiiion de Lauiun et la nostre.

Messieurs les marquis de Villars et de Mont* pezat sont aussy mes nepveux , à cause que madame la mareschalle de Montpetat, mère de leur père, estoit cousine germaine, à cause de la maison du Fou , d'autant que ma grand* oiere et mère de mon père en estoit , et s*appelloit Hilaire du Fqu, qui estoit soeur de messire Yvon du Fou ', père de roadicte dame la mareschalle de Montpezat , par conséquent tante de ladicte dame de Montpezat , et mon père et elle cousin et cousine. Du susdict maryage sortit M. de Montpezat , père desdicts messieurs les marquis de Villars et de Montpezat ; sortirent aussy deux filles : Tune maryée dans la maison de Gouzan ^ , grande maison en Auvergne , dont en reste aujourd'huy on fils , dict M. de Gouzan. L'autre fut maryée ayecques M.de Queilus, d'où sortit le fort brave M. de Queilus tué en duel. Ce monsieur eut deux sœurs très-belles et honnestes: l'une, madame de Pescels , qui espousa M. de Pescds, la mère duquel estoit petite-fille on fille du prince de Melphe ; et l'autre , madame la vicomtesse de Panas. Elles ont des enfans ; mais je ne les puis spécifier , et pourtant nous sommes très-proches.

De ladicte maison du Fou sortit le seigneur du Vigan , frère puisné du seigneur Yvon du Fou, lequel eut M. du Vi^çan le dernier , qui, par conséquent, à cause de ma mère dicte ci-dessus , estoit cousin de son père , comme madame de Montpezat cousine germaine. Ledict M. du Vigan mourut sans hoirs masles. Il laissa trois filles: Tune maryée en premières nopces avecques M. d'Archiac, frère de feue ma* dame de Bourdeille la dernière, et n'eurent des enfans ; en secondes nopces fut maryée en la maison avecques le seigneur de Mirambeau ^, d'où sortit madame de Fors, maryée avecques M. de Fors ', desquels est sorti M. le baron do Vigan, jeune gentilhomme, qui a faict desjà belle preuve de sa valeur. Il a encor deux antres frères fort jeunes qui promettent encor beaucoup d'eux , ensemble deux sœurs.

Ledict M. du Vigan eut encor deux filles ,

^ Levi Gouzan.

* Mirambeau-PoDS.

» Fors-Vivonnc. •

soBurs de madame de Mirambeau TaisiiéeX'ane , puisnée, fut maryée à M. de Verac en Poie* tou < , d'où sont sortis deux enfans , très* braves et vaillans gentilshommes. La troi« siesme s'est maryée par deux fois ; et la dernière fut avecques M. de La Boulays ^ ; et de l'un et l'autre sont sortis trois enfans fort jeunes , qui promettent beaucoup de leur valeur et vertu. VoiU comme est Talliance de la maison dn Vigan avecques celle de Bourdeille.

Le susdict M. du Vigan eut une sœur , cousine germaine aussy de mon père , qui fut maryée avecques M. de Rouet 3, de laquelle sortit M. de Rouet d'avyourd'buy, quia deux enfans bien honnestes, qui me sont doublement proches , tant i cause de madame de Rouet , sœur de M. du Vigan, sa mère, qu'à cause de sa fomme,de la maison de Gouzan, pour l'amour de sa mère madame de Gouzan , fUle de madame la mareschalle de Montpezat, et cousine ger* mainede mon père, comme j'ay dict cy-dessus.

Le susdict M. de Rouet a eu plusieurs sœurs , et très-belles, qui n*ont eu des enfans , sinon madame de Gombaut , dicte jadis la belle Rouet i la cour ^, qui en a eu des filles, et sont, je crois, maryées: ainsy sommes-nous fort proches , ceux de la maison de Rouet et moy.

Venons à d'autres. Il y a aujourd^huy messieurs de Riberac , les deux frères , lesquels sont enfans de Marie de Bourdeille , héritière de la maison de Bernardieres , à cause de son père M. de Bernardieres , mon cousin germain, de mesme nom et de mesmes armes. Elle fut remaryée en secondes nopces avecques M. de Goulures, mon cousin etnepveu,commejedîray cy-après , bien qu'ils fussent enfans de cousins germains, et d'elle est sorti un fils, qui est encor fort jeune , mais promet beaucoup de luy , et s'appelle M. de Goutures : lequel a une sœur maryée avecques M. de Puygoillon d'an* jourd'huy. VoyU comme va de ce ooaté-là nostre alliance de Bernardieres.

Voyci celle de la maison de La Douze K Moa père eut sa plus jeune sœur, dicte Jebanne de

1 Vérac-Saint-Georoet.

* Eftcballart.

■ Rouet de La Béraudiëre.

* Mère de Tarchevéque de Rouen , Bourboo. «Absack.

PIERRE DE BODRDEILLE.

Bourdeille , qui fût maryée en la maison de La Dooze. Mon cousin germain, lequel estant maryé avecques madamoiselle de Poyremont, riche héritière en Limosin , eut plusieurs fils et filles d'elle. Les fils sont M. de La Douze qui est aujourd'hui M. de Poyremont et M. de Rillac. Ledict M. de La Douze a trois petits-fils de rheritiere de Lastour, qu'il a espousée. Ses deux frères ne sont point maryés. Ils ont leurs sœurs Lambertye et de Gireull , et autres, qui ont force enfans, et prtncipallement le sieur de Lambertye , qui en a six ou sept. Voyià Talliance de La Douze , qui est très-grande, car il y a eu très grande-quantité d'enfans et de filles.

Voici celle de Sainct-Âulaire. En la maison de Sainct-Aulaire en Limosin fut maryée Marguerite de Bourdeille , sœur aisnée de mon père. { De ce M. de Sainct-Aulaire et d'une fille de Rufet 1 sortit M. de Sainct-Aulaire qui est aujourd'huy M. de La Renaudie ^ , et M. des

Esires, desquels sont sortisforceenfsins,qutsont encor pour aujourd'huy fort jeunes. Dudict M. de Sainct-Aulaire sont aussy sorties force filles: Taisnée maryée à La Borz-Saunier, et la seconde à Fradeaux, qui a eu force enfans; encor ensemble d'autres sœursque je ne puis nommer. Pour ce qui est à mon autre cousin de Coutures, il eut de sa fomme, de la maison de Ferrand , force enfans et filles. Les enfans sont messieurs de Coutures, de Lamary et Celle, lequel dict Celle est mort sans enfans. Les autres en ont bien, comme M. de Coutures dernier mort, lequel fut maryé avecques Marie de Bourdeille, dont j'ay parlé cy-devant , estant tous deux enfans des deux cousins germains susnommés : sçavoir, M de Bernardieres Taisné et de Coutures, mes deux cousins germains. De ce maryage ils en ont le petit M. de Coutures , qui est aujourd'huy jeune homme , et sera un jour fort riche, et une sœur maryée avecques M. de Puyguillon d'aujourd'huy.

La seconde fille de Bourdeille, dicte Marie de Bourdeille , sœur encor aisnée , voire puîsnée de mon père, fut maryée en Limosin avecques M. le baron de Maumont,grande et riche maison. De là sortit M. de Maumont dernier mort , mon

« Rufet-Yolvire.

' Reuaudie.

cousin , en qui finit le nom de Maumont, d'autant que de ce maryage ne sortirent que deux filles héritières de Maumont; l'une, Taisnée, maryée avecques M. de Charlus , grand et riche seigneur d^Auvergne; et l'autre, maryée avec le comte de Canillac , seigneur et baron du Pont-du-Chasteau en Auvergne. Aussy de ladicte madame de Charlus , ma niepce , fille de mon cousin germain M. de Maumont, est sorti M. de Charlus qui est aujourd'huy , qui a espousé une des filles du sieur de...., ma proche parente, comme j'ay dict cy-dessus; et, pour ce , le mary et la femme sont mes nepveu et niepce à la mode de Bretaigne , comme plusieurs que j'ay nommés cy-dessus. Je ne sçay pas bien si madicte niepce de Charlus la mère a eu d^aatres filles. De madame la viscomtesse de Canillac , ma niepce aussy, et sœur de madame de Charlus, sont sortis trois braves et vaillans gentils hommes, et pour tels réputés, qui en ont foict de belles preuves , et par le tesmoignage du roy mesme. Sont sorties aussy deux filles. Fane» etl'aisnée, maryée avecques M. de Forças du Limosin près de Saint-Bonnet, et l'autre à maryer.

Or , de ma tante et mon oncle de Maumont, outre les enfiins masles , car il y en a eu un jamais maryé,'qui fut un des sçavans homoies de France, duquel M. de Ronsard parle , sortirent deux filles: Tune, la belle et gentille Mauniont, nourrie i la Cour, qui fut maistresse de M. le Dauphin empoisonné, de laquelle fut faicte la chanson : Brunette suis, jamais ne seray blanche. Elle fut maryée avecques M. de Penacon, dont est sorti M. de Penaoon , mon nepveu, qui est aiyourd'huy , qui fut maryé avecques madamoiselle de Gouzoges , fille de M. le président Ruffignat et gentilhomme , une très-belle et très-honneste damoiselle; duquel maryage sont sortis trois enfans , braves et vaillans gentilshommes comme le père et grand-pere , et les ayeulx. L'autre fille de Maumont, sceur de madame de Penacon, fut maryée à la maison de Montaignac ; duquel maryage n'est sortie qu'une fille, belle et riche héritière, maryée despuis peu avecques le fils de M. de Montbas qui est aujourd'huy. Voylà l'alliance de la maison de Maumont et celle de Bourdeille.

Il y a aiiyourd'huy madame de Monlluc , fills héritière de feu M. de Montsalès et de madame de Montsalès en premières nopces , car en se-

OPUSCULES DIVERS

condes nopces, elle fut remaryée avecques M. de Guychy. Geste madame de Montsalès elGuychy estoit la seconde fille de M. d'Estissac et de madame d*Esti$sac, de la maison du Lude, cousine germaine de ma mere ( car madame la vidasme de Chartres estoit Taisnée, qui mourut sans enfans) , et elle a eu dudict maryage et de M. de Montsalès ceste fille tant seulement , que j^ay dit cy-dessus; laquelle en premières nopces fut maryée avecques M. de Sainct-Suplice f tué â Blois par le viscomte de Tours, duquel eut deux filles. L'aisnée est maintenant maryée avecques M. le duc d'Usez , et Tautre â maryer , deux fort riches héritières de la maison de Sainct-Sulpice , comme est aussy celle de Montluc, que masusdicte niepce a eu de mondict sieur de Moniluc estant maryée avecques luy en secondes nopces. Ladicte fille ne sçauroit avoir encor que douze â treize ans. Je ne veux point mettre icy nostre alliance avecques celle de Savoye et de Nemours ; car ce sont de grands princes avecques lesquels nous n'oserions comparer ny paroistre. Si est-ce , mais qu'il ne leur déplaise, si je ne sçaurois nyer que Claude de Pontievre n'ay t estée cousine germaine de feu M. le seneschal de Poîctou, feu mon grand-pere, messire André de Vivonne. Cela se trouvera très-bien aux histoires et annales d'Âquîtaiue, et aux généalogies des deux maisons, laquelle dicte Claude de Pontievre fut maryée avecques Philippe Vil, duc de Savoye, qui futmaryédeux fois, lapremiere avecques Marguerite de Bourbon, et la seconde avecques ceste Claude de Pontievre que je dis, cousine de mon grand-pere ; duquel maryage sortit Charles , qui fut le neuviesme duc de Savoye, et troisiesme de ce nom, après son frère Philibert du premier lict, et Philippe, duc de Nemours, ayant espousé une fille d'Âlençon. Ce Charles doncques, troisiesme du nom, a esté neuviesme duc de Savoye, fils de Philippe, septiesme duc, du second lict, succéda à son frère, luy desfaillant masies, par quoy ce Charles, qui eut Emanuel-Philibert, dixiesme duc de Savoye, et premier de ce nom, pourroit estre nepveu, à la mode de Bretaigne, démon grandpere, à cause de sa cousine germaine Claude de Pontievre ; en quoy faut adviser ce que nous pourrons estre à M. de Savoye et à M. de Nemours aujourd'huy. J'en fis un jour audict

M. de Savoye Emanoel-Philtbert ce discours ; et plus à plein, à Turin , en son jardin , tous deux seuls, parce que madame de Savoye, sa femme , luy avoit dict que j'avois cest honneur de luy appartenir; mais, pour cela, je n'en mets pas plus gros pot au feu, et n^en levé pas ma bannière plus haute; car les princes sont si glorieux qu'ils desdaignent tout le monde, et leur semble à tous qu'ils sont tous sortis d'un grand sang et Dieu sçait

Je ne fais pas plus de compte aussy de M. de Montpensier d'aujourd'huy , duquel la mere estoit fille de madame la marquise de Mezieres, cousine de mon père, à cause de messire Guy de Mareuil , son père, lequel estoit cousin germain de mon grand-pere, à cause de sa femme Marguerite de Bourdeille, maryée à Mareuil. Les alliances en sont encor peintes en la salle de La Tour Blanche , aux vitrages.

Mon grand-pere eut aussi une sœur, qui fut maryée en la maison de La Rochandry, et sœur de madame de Lauzun , ma grand-tante, de laquelle j'ay parlé cy-devant, d'où sortit une fille qui fut maryée avecques le père de M. de Lanssac le bonhomme, dernier mort. Aussy sommesnous alliés aujourd'huy à M. de Lanssac et son fils. De M. La Rochandry sortit en maryage madame la comtesse de La Chambre, maryée en Savoye avecques le comte de La Chambre , que j'ay veu nourrir fille de madame de Savoye en sa cour , où M. le comte de La Chambre Tes^ pousa. Je ne sçays'ii en est sorti des enfans. Je ne parle pas aussy de madame de Mercœur, laquelle est descendue de ce comte de Pontievre , cousin germain de mon grand-pere, M. le seneschal; et pour ce, nous sommes fort proches.

Si faut-il parler un peu des alliances de Laval et de feu M. l'admirai de Chastillon. M. de Laval fut maryé en secondes nopces. 11 espousa une fille du Lude , fille de Jacques de Daillon, niepce de ma grand-mere,et sœurdeM. du Lude , dont j'ay parlé cy-devant. De ceste fille du Lude sortit une fille qui fut maryée avecques M. l'admirai de Chastillon dernier mort, duquel estoient sortis MM. de Chastillon, mort au siège de Chartres , et d'Ândellot , les deux frères , dont l'un est mort et l'autre vit, et madame la princesse d'Orange leur sœur. Mondict sieur de Chastillon espousa une fille de Pequigny, vidasme d'Amyens , duquel sont sortis

M. de GbastilloD, tué dans Ostende, et son second frère qui porte le mesme nom. Madame la princesse d'Orange» maryée en premières nopces , et en secondes nopces au prince d'Orange, duquel a eu le petit comte de Nassau, qui est en Flandres , brave et généreuse race , certes , s'il en fut oncques , et grand dommage qu'elle se perde , si elle ne se renouvelle par M. de Ghaatillon qui est aujourd'huy, s'ex* posant pourtant à tant de hasards tous lesjourS| desquels Dieu le préservera , s'il luy plaist , pour ne perdre la race de ces bons haras si nobles et valeureux.

Je ne compte icy non plus MM. de Byron ; car il ya long-temps qu'une fille de Bourdellle fut maryée à Byroo, ny M. de Lanssac, la mère duquel est sortie de La Rochandry, et sa grand-mere de ta Rochandry estoit soeur de mon grand-pere , comme le tesmoignent les lettres qui sont au trésor de nostre maison.

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