ACTE I, SCÈNE ï. ai
PIERROT
Pensez, monsieur, que vous ne lui baillerez pas tous les quatre à4a-fois; c'est trop pour un enfant.
ROQUILLARD.
Outre ce, Isabelle a quelque bon vouloir pour un quidam nommé Octave^ comédien italien de sa vacation.
Fil monsieur, ne donnez point votre fille à cette nation-là : avec eux les mariages ne tiennent point; on dit qu'ils en font de nouveaux à chaque comédie qu'ils jouent.
kbQtiLtAftn.
Ce néanmoins ) je me sens de la propension pour le jeune homme ; et dès mon premiet âge j'ai pour^^ chassé l'accointance de messieurs du théâtre, pour ce qu'ils sont volontiers courtois et joviaux.
PIERROT
Si vous mWiez avetti seulement huit jours plus tôt que vous vouliez vous défaire d'Isabelle, je m'en serois accommodé avec vous; mais j'ai commencé une fille d'un autre cèté.
ROQUILLARD*
^ Gomment donc ?
PIERROT
Oui, monsieur; c'est une fille qui a plus de vingt mille écus , et je suis déjà à moitié marié.
ROQUILLARD.
Est*il possible ?
PIERROT
Assurément. Tenez, monsieur, pour faire un mariage tout entier, il faut, en premier lieu, que le garçon le veuille; en second lieu, que la fille y consente : or, je suis le garçon , j ai déjà baillé mon consentement; ainsi, vous voyez que c^est uii mariage à moitié fisiit.
ROQUILLÂRD.
Certes, voilà une affaire bien avancée! Mais vat^en dire à ma fille qu'elle se prépare de son côté.