ACTE III, SCÈNE XVI. aBg
ANGÉLIQUEi
Ne VOUS fâchez point , monsieur le docteur ; si vous me donnez à ce sanyage-lày il ne vous demandera jamais compte de mon bien.
LE DOCTEUR
Il ne me demandera point dé compte? Qu'il Femmène donc au pays d'Anthropophagie, et que je n'en entende jamais parler.
ARLEQUIN
Vous rendez un grand service au genre humain i ce mangeur d'hommes -là ne s'occupoit qu'à le détruire, et il va s'occuper à le peupler.
(Il chante. )
Pour vous, monsieur le sauvage.
Qui faites tant le méchant.
Quatre jours de mariage Vous rendront moins violent :
Quand on voit un beau visage.
On croit d'abord faire rage ; Mais son approche nous rend Doux et souple comme un gant.
LE DOCTEUR
Mais, monsieur l'empereur, donnez-moi donc une femme comme aux autres, car j'ai envie de me rema-^ rier.
ARLEQUIN
Je crois effectivement que vous n'en avez que l'entie; car je vous crois trop vieux pour en avoir le9
a4o LA FOIRE SAINT-GERMAIN.
forces. Allons 9 il faut Vous faire deux plaisirs à-Ia-foi8> TOUS marier et vous rajeunir.
LE DOGTEU1I4
Me rajeunir?
ARtfiQÛlN.
Oui^ TOUS rajeunir 4 Je m'en vais Vous fedre pîlet dans le mortier de mon apotbicaire; et trois jours après , vous en sortirez gai et gaillard , et aussi vigou*reux que vous Tétiez à dix-huit ans. Qu^on £gisse ve« nirCaricaca, mon apothicaire.