ACTE I, SCÈNE VIL
ARLEQUIN
Vous êjtes charmée de ma personne, n'est-ce pas?
( Il montre un dindon qu'il porte sur le poinç. ) Quand j'ai ce
compère-là sur le poing, je ne manque guère ma proie. Nous ayons dans notre famille le vol des fille» et du dindon.
COLOMBINE
Les filles de ce pays-ci ne se prennent pourtant pas- avec des poulets dinde; quelquefois avecjune fricassée de poulets, donnée à propos, je ne dis pas que non.
ARLEQUIN, à Isabelle.
Votre chambrière a de Fesprit : je la retiens pour être mon premier piqueur.
COLOMBINE
Ah ! monsieur, tous me faites trop d'honneur; je qe sais pas piquer.
ARLEQUIN
Oh ! que cela ne te inette pas en peine , on te mqntrerçi.
ISABELLE
Mais, monsieur, vous ne parlez que de chasse; est-ce que vous navez pas d'autre occupation?
ARLEQUIN
Oh! que si; j aime Fétude passionnément; je me renferme tous les matins dans mon cabinet avec me^ <;hiens et mes chevaux.
ISABELLE
Jjà compagnie est savante.
3o LES CHINOIS.
ARLEQUIN
L'après-dtnée, je monte ma jument poil d'étour-^ neau, pour brossailler dans la forêt ^ et le lendemain, pour être de meilleur matin au bois, je me couche pour Ferdinaire tout botté et ëperonné.
ISABELLE
Tout botté et éperonné!
ARLEQUIN
Ob ! que cela ne vous mette pas en peine ; nous ne nous toucherons point : mon lit a Tingt-cinq pieds de diamètre, et ce n'est pas trop pour coucher deux pcr•^ sonnes et une meute de cinquante chiens courants*
ISABELLE
Quoi ! monsieur, si je vous épouse, tous ces chien»*^ là coucheront avec moi?
ARLEQUIN
Oh! non, pas tous : j'en choisirai upe vingtaine des moins galeux.
COLOMBINE
Je suis votre très humble servante : la nuit, ils pourroient bien prendre ma maîtresse pour une biche, et la dévorer.
ARLEQUIN, àColqmbine.
Tais-toi; j'ai bien plus de risques à courir qu'elle, Quand nous serons mariés, elle pourroit bien me changer en cerf comme Actéon; et mes chiens ne feroient plus qu'un morceau de ma personne. (On donn^ du cor; les chieM yieoDeDt lur \% th^^tre^ courant après nn saii<» ^lier.)