SCENE h
APOLLON^ THALJË)
APOLLON
Qui rend donc Pégase ai hargneux? Apparémiùçnt hiademoiselle Thalle ^ ^e vous avez oublié de lui donner son avoine aujourd'hui*
THALIE
Ne vous souvenéz-^vous pas que ce n'est plus moi qui le panse? Vous en avei& donné la charge aux, au* ieurs; et depuis te temps-là ^ le pauvre animal, hél^i les os lui percent la peau.
APOLLON
Cest sa fautCi Pourquoi se laisse-t-il monter par U |)remiervenu?
i;hali£.
. n est vrai que c'est la mpnture banale de tous les^
8 PtlOLÔGUE.
regrattiers du Parnasse; il n^y a pas jusqu'aux femmes qui le font trotter en vers alexandrins; et je ne sais pas quel diable de train elles le font aller, mais il ne revient jamais à Técurie qu il ne soit crevé de coups d'éperon.
APOLLON
Puisqu'on a ms Pégase sur le pied d'un cheval d^ louage, c'est aux auteurs qui le louent à le nourrir.
THALIE
Et comment voulez-vous que les auteurs nourrissent un cheval? Les pauvres diables ont bien delà peine à se nourrir eux-mêmes. Voyez-vous, dans le temps où nous sommes, on ne s'engraisse guère à mâcher du laurien
APOLLON
Ils m'ont promis qu'ils ne feroient plus que de bonnes pièces : il faut espérer qu'ils «eront plus gras cet hiver.
THALIE
Il est vrai que les auteurs et les comédiens s(ont dii naturel des bécasses; ils n'engraissent point que le froid ne leur ait donné sur la queue. Franchement, ces messieurs-là nous barbouillent terriblement dan^ le monde; car le public croit que c'est vous et moi qui leur inspirons toutes les sottises qu'ils mettent sur le théâtre.
APOLLON
Le public a tort. Mais, à propos de sottises, qu'est" ce qu'une pièce que les comédiens italiens ont afii^